La réunion entre les ministres de l’Agriculture de l’UE, les 19 et 20 octobre à Luxembourg, portera surtout sur la réforme de la Pac, mais ces derniers devraient également adopter des conclusions délicates sur la stratégie « de la ferme à la table » du fait de divergences sur le niveau d’ambition environnementale à fixer à l’agriculture européenne. Les discussions entre les experts des États membres pour convenir de ces conclusions ont fait l’objet de débats compliqués, certains États membres (la Bulgarie notamment) se montrant réticents. La dernière version du texte prend note des « objectifs ambitieux de réduction pour les produits phytopharmaceutiques, les antimicrobiens et les engrais » et soulignait que « la réalisation de ces objectifs nécessitera des efforts ». Mais la phrase qui, dans une première version (1), indiquait que ces objectifs constitueraient un « défi majeur pour les États membres et les secteurs concernés » a disparu. Les États membres demandent quand même à la Commission de préparer des propositions législatives sur la base d’analyses d’impact scientifiquement fondées décrivant les méthodes de calcul des objectifs et des niveaux de référence et la période de référence de chaque objectif individuel, après consultation des États membres.
Un revenu équitable
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Bruxelles prévoit, entre autres, dans le cadre de cette stratégie, de réduire de 50 % l’usage des produits phytosanitaires et des engrais d’ici 2030 et de porter la part des surfaces en agriculture biologique à 25 %. Sur ce dernier point, les États membres soulignent que le futur plan de développement de l’agriculture bio devra « assurer un équilibre entre l’offre et la demande et évaluer d’autres modèles agricoles possibles qui pourraient offrir des avantages environnementaux similaires ». Les ministres de Vingt-sept indiquent aussi qu’un revenu équitable pour les producteurs primaires est « d’une importance primordiale pour une transition réussie vers un système alimentaire durable », et qu’il est donc essentiel de renforcer leur position dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Enfin, ils disent attendre avec intérêt la prochaine étude de la Commission sur le statut des nouvelles techniques génomiques.
(1) Voir n° 3760 du 05/10/2020