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« De l’emploi pour tous » les niveaux de formation agricole, selon la DGER

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Contactée au sujet de la formation en agriculture, Mireille Riou-Canals, directrice générale de l’enseignement et de la recherche (DGER), n’a pas eu le temps de répondre à nos questions. Son équipe a donc pris le relais et affirme qu’« il y a de l’emploi pour tous niveaux » de formation en agriculture.

Peut-on imaginer à l’avenir des chefs d’entreprise agricole avec un niveau de licence ou master, travaillant avec des salariés agricoles de niveau bac + 2, ceux-ci pouvant obtenir un bac + 5 avec de la formation continue ?

"Pour les chefs d’entreprise agricole, les chiffres statistiques font d’ores et déjà état d’une grande disparité des niveaux de formation. Au regard de la diversité des situations des différentes exploitations, très variables, certaines entreprises agricoles peuvent recourir à de très haut niveau de qualification, et autres ont besoin de niveaux de qualification plus accessibles. Tous les niveaux de compétences sont nécessaires : du CAP au diplôme d’ingénieur, pour les chefs d’exploitation comme pour les salariés. Il y a de l’emploi pour tous ces niveaux en agriculture."

Les professionnels constatent également que, lors de l’installation de jeunes agriculteurs, ceux ayant un parcours hors agriculture réussissent mieux par la suite dans la gestion de leur entreprise. La formation agricole ne semblerait donc pas être un argument déterminant pour la réussite de l’installation ?

"À notre connaissance, il n’existe aucune étude montrant que les professionnels ayant eu un parcours hors agriculture réussissent mieux que ceux ayant un parcours en agriculture.

"Il est constaté que la part des installations en agriculture issues de professionnels ayant eu un parcours hors agriculture est croissante ; dans ces situations, une formation complémentaire en agriculture est mise en œuvre. L’objectif du ministère est de s’assurer que l’installation en agriculture, quelle que soit l’expérience passée, se fasse avec un accompagnement permettant de favoriser le succès de l’entreprise agricole. C’est cette ambition qui fonde la mise en place des points accueil installation et du plan de professionnalisation personnalisé."

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Certaines formations en lycée agricole (canin, félins, équins) sont des impasses en termes d’emploi, comment les défendez-vous ?

"Lors de la création ou de la rénovation des diplômes, une « étude emploi » est systématiquement menée pour vérifier l’existence de débouchés professionnels. Toutes les formations citées dans la question débouchent ainsi sur des métiers, par exemple dans le secteur de l’animalerie ou de l’élevage canin et félin ; et certaines formations équines (lad cavalier d’entraînement ou maréchal-ferrant) n’ont aucun problème de débouchés. De façon complémentaire, il faut insister sur la fonction importante de remédiation scolaire (remise des jeunes dans le circuit scolaire NDLR) de l’enseignement agricole. Bien des formations en lien avec les animaux (notamment dans les secteurs canin, félin ou équin) sont attractives pour certains jeunes en rupture avec le système éducatif ; mais tous ne souhaitent pas forcément exercer leur métier plus tard dans ces activités.

"Ces formations leur auront toutefois permis d’obtenir un diplôme, de construire un projet professionnel et de retrouver une insertion scolaire. Certains jeunes trouveront un emploi dans d’autres métiers (animation, services…) que celui du diplôme initial mais ce parcours leur aura permis de développer un projet professionnel et une bonne insertion dans la société.

"Le ministère veille à ce que ces formations restent limitées en nombre, pour garder un équilibre entre le nombre de jeunes formés et les perspectives d’emploi des diplômés".

Propos recueillis à la suite d’échanges par mail