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Parcours De l’idée à sa réalisation

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. Telle est la règle que s'est fixée un jeune entrepreneur de Picardie, dont le projet innovant devrait se concrétiser à la fin de l'année par le démarrage d'un petit site de production d'ingrédients. S’il envisageait, de longue date, de créer sa propre société, il s’est donné le temps d'acquérir de l'expérience dans les diverses fonctions qu’il sera amené à cumuler sous la casquette unique de chef d'entreprise.

Fort d'un parcours qui l’a mené de l'industrie du papier à celle des additifs alimentaires, cet entrepreneur a eu l'idée d'un produit, « type fibre alimentaire » obtenu sur une base naturelle, susceptible d'intéresser les industries alimentaire et pharmaceutique. Ces fibres insolubles, ou partiellement insolubles, présentent la caractéristique, selon leur nature, de renforcer certaines propriétés telles que la rétention d'eau, et d’augmenter la charge du produit fini en fibres avec le bienfait qu’elles apportent. Elles disposent également d'un pouvoir viscosant, qui permet d'éviter dans un jus de fruits enrichi en fibres par exemple, un dépôt au fond de la bouteille, explique-t-il.

Jusqu'à ce jour, trois années de travail lui ont été nécessaires pour peaufiner son idée. Encouragé par l'accueil réservé à son projet à l'université technologique de Compiègne, il soumet en 2001 un premier dossier au Concours national de la création d'entreprise, dans la catégorie « émergence ». Il décroche alors une subvention, qu'il consacre à peaufiner son étude de marché, avec le concours du cabinet nordiste, Actemis, spécialisé dans le conseil en stratégie et management de l'innovation. « La démarche nous a permis de vérifier que le marché est intéressant». Dès lors, il retourne devant le jury du concours national, avec, cette fois, la volonté de créer sa jeune pousse, et se rapproche de l'« incubateur » de Picardie. A la fin de l'année, les fondements de la structure sont posés.

Faire feu de tout bois

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Pour l'heure, le jeune entrepreneur de 44 ans travaille à la mise au point du procédé industriel, entouré d'un associé, dévolu à temps plein à l'aspect technique, et d'un autre qui « affine » la partie commerciale. Dans un horizon de six mois, il entend faire appel à un capital-risqueur, ou à tout autre investisseur, afin de lever des fonds de 600 000 euros à 1 million, destinés à financer l’outil industriel. « Nous ferons feu de tout bois », assure le dirigeant, qui, pour sa part, investit 100 000 euros sur ses deniers personnels, et a bon espoir de boucler son plan de financement.

Interrogé à propos du saut d'obstacles auquel est confronté tout créateur d'entreprise, il pointe du doigt le fossé qui sépare les discours sur les facilités accordées notamment à l'embauche de salariés, et la réalité. Il conseille de prendre appui, autant que faire se peut, sur les réseaux personnels, qui peuvent s'avérer de bon conseil, ou orienter vers les « personnes-ressources ». Le plus difficile, assure-t-il, est de «tenir son plan » en dépit de tous les aléas qui jalonnent le parcours, y compris celui d'une conjoncture morose. « Si l'on a un projet, il faut le conduire le plus loin possible », exhorte-t-il.

Pour sa part, il s’est plié à toutes les étapes de validation, sans en brûler aucune, et a souhaité, dans le même temps, se forger une expérience dans les fonctions – technique, contrôle de gestion, finances – qui seront les siennes bientôt. A la fin de l'année, il espère démarrer son usine, d'une capacité de « quelques centaines de tonnes par an », et qui, à terme, emploiera dix personnes.