Abonné

En direct avec Jean-Michel Chardigny (Inra) De nouvelles conclusions sont à attendre

- - 4 min

Parmi les quatre scientifiques internationaux appelés à présenter leurs recherches, le 12 février à Bruxelles, Agra alimentation a interrogé le professeur français, Jean-Michel Chardigny, chef de l’unité « Nutrition humaine » à l’INRA de Clermont Ferrand et qui coordonne des travaux sur les effets potentiels des acides gras trans.

Agra alimentation : Votre présence à cette conférence organisée par l’industrie laitière européenne à cette conférence sur les acides gras trans a-t-elle une signification particulière ?

Jean-Michel Chardigny : Je suis invité à cette journée parce que j’ai eu l’occasion de coordonner un programme visant à faire la lumière sur les effets spécifiques des deux sources, la source industrielle ou technologique qui concerne les acides gras trans présents dans les huiles végétales partiellement hydrogénées et la source naturelle qui concerne les acides gras trans présents dans les produits issus des ruminants et plus particulièrement les produits laitiers.

Votre programme de recherche est-il un programme national, européen, international, qui y participe et qui le finance ?

C’est un programme de recherche international parce qu’il associe des partenaires aussi bien européens que nord-américains et néo-zélandais. Il est financé en partie par plusieurs entreprises privées et par des partenaires publics et notamment un cofinancement de l’ANR ainsi qu’un co-financement spécifique de l’INRA. Parallèlement je coordonne un projet national financé par l’Agence Nationale pour la Recherche qui s’intitule « Transqual » et dont les objectifs sont également d’aller plus loin sur la problématique des acides gras trans.

Quelles sont d’après vous les préoccupations majeures de l’industrie laitière européenne à propos de ce phénomène des acides gras trans ?

La problématique pour l’industrie laitière est que, si tous les acides gras trans sont considérés comme un seul ensemble homogène et qu’une stratégie d’étiquetage se mettait en place, la matière grasse laitière serait de fait impliquée par quelque chose pour laquelle elle n’est pas concernée, compte tenu des éléments scientifiques que l’on peut apporter dans une journée comme celle d’aujourd’hui.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

nutrition
Suivi
Suivre
industrie
Suivi
Suivre

D’après vous, est-ce que les acides gras trans d’origine animale doivent être pris en considération par l’Autorité européenne de sécurité des aliments pour l’établissement des profils nutritionnels qui devraient être utilisés comme critères pour l’approbation des allégations nutritionnelles et de santé ?

Non. En tout cas pas pour l’instant compte tenu des éléments scientifiques dont on dispose aujourd’hui. Des études sont en cours et on attend encore les résultats des travaux. Il n’y a donc aucune raison d’alarmer le consommateur en l’état actuel de nos connaissances scientifiques.

Quelle est la situation juridique actuelle en France et en Europe concernant les acides gras trans. Il y a une sorte de confusion chez les consommateurs dans la mesure où il y a des Etats qui légifèrent, d’autres pas et d’autres qui se tâtent ?

C’est en effet une réflexion qui est menée au niveau de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Elle a fait l’objet d’un rapport en 2005 et, compte tenu des éléments disponibles à l’époque, cela n’avait pas permis de faire la différence entre les deux sources d’acides gras trans. Je pense qu’il est possible et même probable que cette position puisse être révisée très rapidement compte tenu des nouveaux éléments scientifiques qui apparaissent aujourd’hui.

Où en est-on question étiquetage des acides gras trans en France ? Est-ce qu’il y a un étiquetage obligatoire ?

Pour l’instant il n’y a ni étiquetage obligatoire ni étiquetage volontaire en France en ce qui concerne les acides gras trans. Par contre on peut se rendre compte de leur présence dans la composition des aliments quand on observe l’arrière des emballages des produits sous la mention « huile végétale partiellement hydrogénée ».