La Fict a participé au plan de filière porcine partagé par tous les maillons de la profession. Les transformateurs vont pouvoir disposer de matière première produite selon des cahiers des charges valorisant davantage la qualité et en phase avec les attentes des consommateurs.
Une page se tourne au sein de l’interprofession porcine avec le retour de la Fict. « Le comité directeur de la Fict a voté ce matin à l’unanimité en faveur du retour au sein de l’Inaporc », a expliqué le 9 janvier son président Bernard Vallat. La prochaine étape est prévue le 18 janvier avec la signature officielle du protocole prévoyant la participation de la Fict à l’interprofession par les deux présidents, Bernard Vallat et Guillaume Roué.
Concrètement, la Fict va intégrer les instances de gouvernance de l’Inaporc, qui vont évoluer afin de mieux prendre en compte l’aval de la filière, et selon des modalités qui seront précisées prochainement. « C’est vraiment très important qu’il existe un forum d’échange permanent au sein de la filière, sachant que les adhérents de la Fict transforment 70 % de la production porcine française », poursuit Bernard Vallat (Agra Alimentation du 21 septembre 2017).
Selon le président, « la participation à l’interprofession va permettre de se doter d’indicateurs économiques communs et incontestables, alors que le marché au cadran de Plérin ou les cours de Rungis ne permettent pas d’avoir une vision d’ensemble ». Autres avantages : parler d’une même voix vis-à-vis de la grande distribution ou encore mener des actions communes avec tous les acteurs de la filière. Avec le retour de la Fict, la collecte de la contribution sur les produits charcutiers industriels (4 euros par tonne transformée) va reprendre à partir du 1er avril. Elle avait cessé lors du divorce entre les deux organisations début 2016.
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Le plan de filière porcine, remis au ministère de l’Agriculture, a été rédigé avec la participation active de la Fict qui a pu faire passer les demandes des industriels. « Le plan de filière prévoit une montée en gamme de la viande de porc et des produits charcutiers et l’élaboration de produits qui prennent en compte les attentes sociétales telles que la naturalité, le bien-être animal ou la préservation de la santé », souligne Bernard Vallat.
Des objectifs chiffrés sont fixés pour les productions sous signes de qualité : « Le porc biologique passera de 0,5 % en 2017 à 10 % en 2027, le label rouge de 4 à 12 %, tandis que les races locales, aujourd’hui marginales, devront représenter 1 % de la production », détaille le président de la Fict. Le plan de filière prévoit aussi un doublement du nombre d’IGP d’ici 5 ans et un enrichissement du cahier des charges du Porc français. « Aujourd’hui seulement basé sur le lieu de naissance, d’élevage et de transformation, ce label évoluera afin d’intégrer des exigences sanitaires, nutritionnelles et qualitatives. L’objectif fixé consiste à arriver à 98 % de la production sous ce label à 5 ans », précise Bernard Vallat.
S’il n’est pas prévu que les industriels profitent directement de l’enveloppe de 5 milliards d’euros promise pour moderniser l’agriculteur et l’élevage, la Fict compte bien bénéficier d’un soutien sur des projets précis. « Nous sommes en train de boucler le financement d’un plan de R & D sur les nitrites d’un montant de 2 millions d’euros avec la participation de l’Inra et d’industriels », indique Bernard Vallat. Selon lui, pour les 5 prochaines années, la profession aurait besoin d’un soutien public de 2 à 3 millions d’euros pour mener à bien des programmes de R & D, et autant pour promouvoir les exportations de produits charcutiers français.