C’est ainsi qu’a débuté l’intervention de M. Besnard, vice-président de la Société française de nutrition, lors d’une table ronde au Village Nutrition du Sial sur les aliments santé. Veiller à sa santé via son alimentation, certes ; encore faut-il que les nouveaux « alicaments » proposés soient vraiment respectueux de la santé et en apportent la preuve. Voilà le fond du discours de cet expert en nutrition, qui, bien que convaincu de l’avenir des aliments santé, n’oublie pas de mettre en garde contre les dérives éventuelles de cette tendance. Et afin de rendre plus convaincant son propos, il n’hésite pas à prendre un exemple précis : les fameux CLA.
Ces acides linoléïques conjugués, présents dans les matières grasses du lait et de la viande des ruminants, notamment le bœuf et le mouton, sont des acides gras qui permettent de réduire la masse grasse, et empêchent donc de grossir. Il était donc naturel de vouloir les utiliser dans la lutte contre l’obésité et de les proposer sous forme de compléments alimentaires. M. Besnard soulève deux problèmes cependant. D’une part, le consensus n’a pas été établi sur la réduction de la masse grasse et il n’existe pas d’étude à ce jour portant sur les effets des CLA sur l’IMC (Indice de masse corporelle) ; d’autre part, il semblerait que l’utilisation de CLA industriels présente des risques d’hyper-insulinémie et des risques diabétiques.
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Pour M. Besnard, la conclusion est simple : les aliments santé ont un avenir uniquement s’il existe un triangle vertueux entre industriels, nutritionnistes et consommateurs, qui intègre par ailleurs trois composantes indispensables : l’éducation nutritionnelle, la preuve scientifique, et l’aspect normatif.