Bon nombre de personnes favorables à la recherche sur les OGM s’en féliciteront : enfin, la profession agricole se mobilise, depuis les jeunes jusqu’aux ainés du syndicalisme majoritaire, à l’instigation, surtout, des coopératives les plus concernées par l’avenir des productions végétales. D’une certaine manière, le débat entre agriculteurs qui n’a jamais eu lieu, si ce n’est tout récemment sous forme de castagne sur des sites d’essais, pourrait enfin intervenir.

Ce débat doit avant tout concerner la place de la recherche sur les OGM et non les OGM eux-mêmes. En participant à la réunion du Cendre (le village près de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme) les syndicats agricoles ont tout intérêt à préciser qu’il ne s’agit pas d’un plébiscite pro-OGM mais d’une défense de la recherche sur ces biotechnologies.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

C’est justement cette recherche qui doit permettre, ensuite, OGM par OGM, de juger telle ou telle semence bonne pour le service ou au contraire de la rejeter absolument. Ce n’est pas par hasard si l’expérimentation du Cendre concernait un essai portant sur des considérations agronomiques et non sur la possibilité d’écouler tel ou tel produit chimique associé à la plante génétiquement modifiée. Ce n’est pas non plus par hasard si l’entreprise concernée est la société Biogemma, une société contrôlée indirectement par des capitaux agricoles. Il y a fort à penser que les syndicats agricoles auraient été plus réservés si l’essai avait été conduit par une multinationale de l’agrochimie désireuse avant tout d’écouler ses produits.

Tout ceci montre qu’on pourra bientôt commencer à débattre, non du caractère plus ou moins diabolique en général des OGM, mais de tel ou tel OGM en fonction de ce qu’il apporte à la société et aux agriculteurs. On arrive à l’essentiel, en somme.