Réunis en conseil fédéral à Paris, les responsables de la FNSEA au niveau départemental, régional et national ont « moyennement » apprécié la décision de leur président Jean-Michel Lemétayer de renoncer à bloquer les raffineries suite à l’annonce du ministre de l’Économie Nicolas Sarkozy. Les Jeunes agriculteurs sont en tête de la contestation.
L’annonce de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Économie, de rembourser 4 centimes d’euros par litre de carburant aux agriculteurs a perturbé le conseil fédéral de la FNSEA organisé à Paris le 13 octobre. Ce qui devait être un moment de cohésion syndicale pour organiser la pression dans le but de faire plier le gouvernement sur cette question s’est transformé en un vif débat entre les satisfaits et les non-satisfaits des annonces du ministre. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a décidé dans la matinée précédant le conseil fédéral de renoncer à bloquer les raffineries comme il en avait menacé le gouvernement. « Les décisions correspondent en grande partie à nos demandes», a-t-il martelé en tribune du conseil fédéral qui regroupe l’ensemble des responsables de la FNSEA au niveau départemental, régional et national. « Je n’ignore pas que la position des JA est plus nuancée. Mais il n’y a pas de division syndicale à avoir là où il n’y a pas de raison», a-t-il expliqué.
Les JA contestent
En tête de la contestation, les Jeunes agriculteurs qui jugent que les annonces du gouvernement sont « insuffisantes ». Pour Philippe Meurs, secrétaire général des JA, « il fallait aller plus loin », d’autant que les JA ont des charges plus lourdes que leurs aînés. Les agriculteurs ont en effet obtenu une réduction de la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) de 4 centimes d’euro par litre de fuel domestique au titre de la période comprise entre le 1er juillet et le 31 décembre 2004. « Et le 1er janvier 2005, on fait quoi ? », s’interroge le leader syndical. « Les blocages de raffineries constituaient un premier pas», estime le secrétaire général en faisant référence aux actions fioul en l’an 2 000. Elles ont « laissé des traces dans le réseau» en raison de la décision trop rapide selon certains de lever les barrages, a rappelé Philippe Meurs. L’histoire se répète-t-elle ? Pour les JA, il faut obtenir une « rétroactivité de la mesure au 1er janvier 2004 ». Un syndicaliste de la Somme a rappelé que dans son département, la Coordination rurale a été à l’initiative des barrages : « I l faudrait au moins obtenir un effet rétroactif de la mesure », précise-t-il.
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« Pas de division »
Pour la FDSEA des Alpes-Maritimes, les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy sont du « saupoudrage », notamment pour les serristes. Point de vue différent de Gérard Renouard, président de l’AFDI (Agriculteurs français et développement international) : « Attention à la surenchère, souligne-t-il. On a obtenu exactement ce qu’on a demandé sans descendre une seule fois dans la rue». Bernard Layre, le président des JA, a souhaité temporiser en expliquant « qu’il n’y avait pas de division entre la FNSEA et les JA», même s’il arrive « que nous ne soyons pas d’accord ». Jean-Michel Lemétayer a demandé au conseil fédéral « d’apprécier» cette mesure en promettant de remettre la pression en 2005 « en fonction du cours du pétrole ».