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Odyssée végétale Débat sur le bilan de Bruno Le Maire

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L’inauguration de l’espace de « l’Odyssée végétale », au Salon de l’agriculture le 28 février, par le ministre Bruno Le Maire, a été l’occasion pour Eric Lainé, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), de l’interpeller sur son bilan, selon lui mitigé. Ce à quoi Bruno Le Maire a répondu : « Apprenez à dire merci ».

«Il faut veiller à ce que la politique agricole commune (Pac) d’après 2013 continue à réguler les marchés », a déclaré Eric Lainé, président de la CGB, le 28 février lors de l’inauguration de l’espace de « l’Odyssée végétale » au Salon de l’agriculture. En présence du ministre Bruno Le Maire, Eric Lainé a insisté sur le fait qu’en matière de régulation des marchés, les actes devaient suivre les déclarations. Il a aussi souligné que, selon lui, le second pilier de la Pac « ne devait pas être la solution à tous nos problèmes » en appelant à la prudence quant à l’allocation d’aides conditionnées aux actions dites de développement rural.

Un projet de Pac après 2013 qui passe mal

Outre le nécessaire rééquilibrage des relations en l’amont et l’aval dans les filières agricoles, Eric Lainé a ouvertement critiqué les mesures de verdissement de la future Pac. Les principaux soucis pour les représentants du monde agricole étant le conditionnement de 30% des aides aux verdissement des pratiques agricoles, ainsi que le taux de 7% de surfaces écologiques, qualifiées de « jachères déguisées » par Eric Lainé. Pour lui, si il est clair qu’il faut produire davantage dans les pays en voie de développement, il ne faut pas sous-estimer le rôle de l’Europe dans l’équilibre des échanges agricoles mondiaux et se laisser les moyens de produire d’avantage. Le président de la CGB a ainsi pointé le problème des OGM, dont le gouvernement bloque le développement en France, en expliquant que c’était l’un des moyens de faire à nouveau croître les rendements en France. En revanche, Eric Lainé a salué les efforts du ministre pour faire passer la loi sur les certificats d’obtention végétale (COV) et financer la recherche.

Bruno Le Maire défend son bilan sur fond de campagne

Répondant aux critiques, Bruno Le Maire a défendu trois ans d’action en faveur de la modernisation de la ferme France. L’occasion pour le ministre de rappeler qu’il avait réalisé « un travail considérable depuis trois ans pour raccrocher l’agriculture française à la modernité ». Il a ainsi suggéré aux représentants du monde agricole présents « d’apprendre à dire merci ». Merci pour la loi sur le COV, merci pour avoir maintenu une fiscalité avantageuse pour les productions de biocarburants – sur ce sujet le ministre a insisté sur le fait qu’en cas d’alternance politique les représentants du monde agricole verraient si cette fiscalité est maintenue. Défendant son bilan, le ministre a expliqué qu’il avait participé à l’amélioration des résultats économiques et des revenus dans les filières végétales, principalement viticultures et grandes cultures. Il a ensuite énoncé les grands chantiers qu’il avait eu à traiter durant son mandat. Du renforcement de la compétitivité, grâce notamment à la TVA sociale allégeant les coûts du travail, à la proposition de contrats dans les filières pour améliorer la visibilité des producteurs, Bruno Le Maire a souhaité montrer un bilan favorable de son action. Il a cependant reconnu n’être pas allé assez loin dans la simplification des règles environnementales, notamment au sujet des cultures intermédiaires piège à nitrates (Cipan). Selon lui, « il n’y a pas de bonnes règles sans exception », citant l’exemple son beau-père, agriculteur, qui, ayant des terres argileuses, ne peut semer ces parcelles en Cipan l’hiver. Enfin, le ministre a annoncé qu’il souhaité que les textes concernant la création et l’utilisation de retenues d’eau pour l’irrigation agricole sortent avant la fin de son mandat.

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