À quelques jours de l’ouverture du salon de l’agriculture du 28 février au 7 mars 2004, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a estimé que la profession agricole « est à un carrefour ». « Nous allons vivre certaines ruptures : ils nous faut positiver notre avenir » ajoute-t-il en faisant référence à l’événement organisé par la FNSEA « paysans demain », le 1 er mars, qui doit rassembler quelque 5000 délégués locaux en marge du salon de l’agriculture. L’ambition du président de la FNSEA est de « défendre un syndicalisme moderne et modeste ».
« Redonner des pistes d’avenir, c’est l’ambition de ce rendez-vous du 1 er mars intitulé, paysans demain, qui doit rassembler quelque 5000 élus locaux en marge du salon de l’agriculture » a expliqué Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le 24 février. La parole sera donnée à des personnalités car nos « responsables doivent entendre le message des autres » au programme de cette matinée : Michel Rocard ; Nicolas Hulot ; Marion Guillou, directrice général de l’Inra ; Jean-Martin Folz, président de PSA; Alain Etchegoyen, philosophe. Cet événement devra dresser des perspectives et permettre à la FNSEA de « faire des propositions pour la future loi de modernisation agricole ». La FNSEA identifie quatre défis pour ce rendez-vous : la production, le développement durable, l’aménagement du territoire et la liberté d’entreprendre. La profession agricole est à un carrefour » poursuit le président de la FNSEA. « Nous allons vivre certaines ruptures : il nous faut positiver notre avenir » ajoute-t-il. La FNSEA sera présente sur le salon de l’agriculture sur trois stands. Dans le hall 1, celui de l’élevage, sur le hall 2-3, dans le hall institutionnel, et dans le hall 3 au sein du forum emploi-formation.
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Quel syndicalisme demain ?
Au sujet des récentes mises examen de Luc Guyau, ancien président de la FNSEA et de son directeur de l’époque Yves Salmon, Jean-Michel Lemétayer s’attend à être interrogé par les visiteurs du salon sur les prétendues irrégularités du passé. « Sans attendre l’actualité » explique-t-il, le thème du prochain congrès de la FNSEA (du 30 au 1 er avril au Grand Bornand) est « quel syndicalisme demain ? ». Il faut défendre « un syndicalisme modeste et moderne » argumente Jean-Michel Lemétayer en « clarifiant les relations avec les politiques ». Les ministres ont leur responsabilité. « Notre rôle se situe en tant que force de proposition et de contestation » conclut-il.
Une épée de Damocles
Par ailleurs, le dossier de l’amende infligée par Bruxelles au syndicalisme agricole (6 fédérations d’élevage dont la FNSEA) est toujours « une épée de Damocles » sur la tête du syndicat explique Jean-Michel Lemétayer. Pour l’heure, la FNSEA a déposé une caution de 3,2 millions d’euros en «faisant un prêt». La question qui se pose est le financement de l’intégralité de la caution demandée équivalente au montant de l’amende de 16,7 millions d’euros. «Je n’ai pas les moyens d’imposer à mes adhérents quoi que ce soit» explique le président de la FNSEA. La FNSEA dispose d’un délai jusqu'à l’été en espérant gagner sur le fond de l’affaire d’ici là. «Nous n’avons pas les moyens de payer» assure Jean-Michel Lemétayer qui ne laissera pas «détruire la FNSEA». À ce sujet la FNB (Fédération nationale bovine) envisage de recourir à une cotisation exceptionnelle payée par ses adhérents. L’amende de la FNB se chiffre à 1,4 million d’euros. Le 1 er mars au salon de l’agriculture, un conseil d’administration de la FNB convoquera une assemblée générale exceptionnelle qui se tiendrait au printemps à ce sujet.