Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll prôné l’union de tous les acteurs pour faire face au défi climatique, lors de l’enregistrement de l’émission-conférence « L’Esprit Sorcier », consacrée à la thématique : « Sols et climat » le 4 décembre. Il s’agit de rassembler davantage d’acteurs, au-delà des chercheurs, et de faire appel aux agriculteurs et à ceux qui les accompagnent (entreprises, associations).
Ouvrant l’émission « L’Esprit Sorcier », lors d’un enregistrement le 4 décembre, Stéphane Le Foll a insisté sur sa volonté d’unir, autour de l’objectif du 4 pour 1 000, tous les acteurs, en plus des chercheurs, déjà mobilisés. Ces acteurs, ce sont les agriculteurs, les associations environnementales, les pouvoirs publics, des entreprises, et des organismes comme l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), et la fondation Avril, qui était co-organisatrice de l’émission.
Mobiliser les agriculteurs à travers leurs partenaires
Stéphane Le Foll était jusque-là entouré de chercheurs des principaux instituts (Inra, Cirad, Irstea), pour s’attaquer au problème du dérèglement climatique. Mais sans ses propres représentants, l’agriculture ne pourra pas mettre en œuvre ses solutions. Le ministre a donc lancé un appel à se mobiliser pour le « 4 pour mille », programme international pour le stockage de carbone dans le sol, porté par le ministère français de l’Agriculture.
Les pratiques seront d’autant plus lourdes à entrer dans le quotidien des agriculteurs que ces derniers ont été formés dans l’optique d’une progression des rendements
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Le monde agricole est pris au sens large : il s’agit des agriculteurs et des acteurs qui les environnent : l’agroalimentaire, l’agro-industrie, l’Ademe, les associations de diffusion des pratiques telles l’agriculture de conservation (couverture maximale des sols, absence de labour, rotations longues et diversifiées) et des fondations, comme la Fondation Avril. Dans son appel, le ministre a encouragé particulièrement cette dernière à poursuivre son action de sensibilisation, au-delà de l’émission enregistrée, forte de son statut d’utilité publique. À son conseil d’administration, siègent le ministère de l’Agriculture, celui de l’Intérieur et celui des Affaires étrangères.
Les réalités pratiques qui freinent la mise en œuvre
Le débat a porté sur la diffusion des connaissances et leur mise en pratique. Parmi les débatteurs, Christian Rousseau, président délégué à l’agriculture et à l’innovation du groupe coopératif Vivescia, a mis l’accent sur la période transitoire : « Quand les agriculteurs passent de méthodes qu’ils connaissent à celles qu’ils ne connaissent pas, qui va payer le risque qu’ils prennent quand ils ont des chutes de rendement ? » Jean-Claude Bévillard, vice-président de l’association France Nature environnement, a fait remarquer que les pratiques seront d’autant plus lourdes à entrer dans le quotidien des agriculteurs que ces derniers « ont été formés dans l’optique d’une progression des rendements ».