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DISTRIBUTION/RAPPROCHEMENT Delhaize et Ahold : vers un géant mondial de la distribution ?

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Les groupes belge et néerlandais de distribution Delhaize et Ahold discutent en vue d'un rapprochement. S'il se concrétise, la nouvelle entité occuperait le quatrième rang de la distribution en Europe et le cinquième aux Etats-Unis.

Les groupes belge et néerlandais de distribution Delhaize et Ahold ont confirmé le 12 mai des discussions en vue d'un rapprochement, ce qui pourrait donner naissance à l'un des plus grands groupes mondiaux du secteur, d'autant que leurs positionnements sont jugés complémentaires tant en Europe qu'aux Etats-Unis.

Présent principalement aux Etats-Unis, en Belgique et en Europe de l'Est, Delhaize possède notamment la chaîne américaine Food Lion. Ahold détient pour sa part l'enseigne Albert Heijn en Europe et la chaîne Stop & Shop aux Etats-Unis. Le chiffre d'affaires combiné des deux entités atteindrait environ 54 milliards d'euros, dont 32,1 milliards issus d'Ahold et 21,4 milliards issus de Delhaize. Côté bénéfices, le poids n'est pas le même non plus avec 594 millions d'euros de bénéfice net en 2014 pour Ahold contre seulement 89 millions d'euros pour Delhaize.

Le 12 mai, le titre Delhaize a gagné 1,33 % à la Bourse de Bruxelles à 84,00 euros, après avoir bondi la veille de 14,52 %, alors que les rumeurs de rapprochement enflaient. A la Bourse d'Amsterdam, Ahold a progressé de 1,38 % à 18,43 euros, après avoir progressé de 5,48 % la veille.

DEUX GROUPES COMPLÉMENTAIRES

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Selon les analystes, les deux groupes sont complémentaires, et leur rapprochement, s'il se concrétise, donnera naissance au cinquième groupe de distribution aux Etats-Unis, et au quatrième au niveau européen. Les deux groupes sont, « en gros, actifs aux deux tiers aux Etats-Unis, dans des zones géographiques contiguës, Ahold au nord-est, Delhaize au sud-est », note Gerard Rijk, de SNS Securities. « En Europe, leurs parts de marché importantes respectivement aux Pays-Bas et en Belgique ne se chevauchent pas et peuvent générer des synergies », ajoute-t-il. Pour Jefferies, le rapprochement pourrait en outre « constituer une réponse efficace aux défis à long terme que les deux groupes vont affronter aux Etats-Unis », où ils sont soumis à la rude concurrence des chaînes discount.

UNE OPÉRATION À HAUTS RISQUES

Pour autant, la prudence reste de mise. Arnaud Joly, de la Société Générale, rappelle que de précédentes fusions dans le secteur de la distribution ont suscité « des difficultés matérielles » et des « déceptions ». Il cite notamment les fusions Carrefour/Promodès et Morrisons/Safeway, et juge que la nouvelle entité devrait peut-être se défaire de Food Lion.

Il reste enfin à déterminer si la fusion se fait entre égaux ou si Ahold, le plus gros des deux, prendra l'ascendant. « Nous supposons qu'Ahold va émettre des titres pour compléter une possible transaction », avance Pradeep Pratti, analyste de Citi. Jefferies voit « 50% de chances pour qu'Ahold reprenne Delhaize au prix de 115 euros par action ».