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Pâtisserie/Acquisition  Délices de Ninon rejoint Delmotte

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La pâtisserie Délices de Ninon retrouve un nouvel avenir un an après son dépôt de bilan. C’est l’offre de reprise présentée par la société Delmotte qui a eu la faveur du tribunal de commerce de Brive-la-Gaillarde. Les candidatures de Gérard Joulin d’un côté et du fondateur de Délices de Ninon, Claude Lachaize, de l’autre, n’ont pas fait le poids face à celle de la filiale de la coopérative de Broons qui proposait pour 1 million d’euros de reprendre le site de Malemort-en-Corrèze et d’y maintenir 100 emplois sur les 139 que comptait encore la société. Sans compter que les capacités supplémentaires que Délices de Ninon apporte à Delmotte tombent à pic pour une affaire en forte croissance et aux outils trop vite saturés.

Le sort de la société créée en 1972 par Claude Lachaize est enfin réglé après une histoire plutôt mouvementée : Délices de Ninon, spécialiste de la pâtisserie surgelée haut de gamme, qui a passé 10 ans dans le giron d’Unilever, quatre ans dans celui de CSM avant d’être reprise en 2004 par un de ses cadres, Bernard Châtillon, était en redressement judiciaire depuis un an. Le 4 juillet, comme prévu (1), le tribunal de commerce a fait son choix entre les trois repreneurs qui s’étaient manifestés. Ecartant l’offre de Gérard Joulin, l’ancien patron de Jacquet et celle de Claude Lachaize lui-même, le tribunal de Brive-la-Gaillarde a donné sa préférence au dossier présenté par Delmotte SA, la filiale de la Coop de Broons. La société fondée en 1983 par Christophe Delmotte et adossée depuis neuf ans à l’une des dix premières entreprises des Côtes d’Armor (qui contrôle aussi la pâtisserie des 3 Abers) a offert 1 million d’euros pour cette reprise qui permet de conserver une centaine d’emplois sur le site de Malemort-en-Corrèze (sur un effectif de 139 salariés).

Des gammes complémentaires

L’identité de Délices de Ninon, qui demeure forte auprès de sa clientèle restauration collective et grande distribution, sera préservée, mais des synergies seront mises en œuvre avec Delmotte SA : les deux sociétés sont moins concurrentes que complémentaires puisque seule Délices de Ninon offre des pâtisseries salées et que Delmotte est plus tournée vers la restauration commerciale.

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Pour Christophe Delmotte, qui a pris la direction générale de Nouvelle Société Délices de Ninon, « il s’agit de repartir comme une PME, avec moins de coûts de structure grâce aux services de Delmotte SA et de restaurer la confiance des distributeurs en s’appuyant sur le savoir-faire et le professionnalisme de nos équipes d’encadrement, sans compter avec les équipes de production du nouveau site ».

Cette reprise est “une aubaine” pour l’entreprise bretonne qui fait face à une croissance en constante augmentation (+36 % prévu cette année à 20 M EUR), notamment grâce à l’exportation (40 % des ventes). En effet, l’outil industriel de Delmotte, sur la zone artisanale de Broons, est limité à 2 000 tonnes même après l’ouverture de sa dernière ligne, saturée en six mois, dans laquelle 1 M EUR venaient d’être investis. En revanche, le site corrézien de Délices de Ninon – aujourd’hui largement sous-utilisé – atteint 6 000 t. Il y a trois ans, Délices de Ninon vendait encore pour 24,8 M EUR de produits surgelés salés et sucrés à base de pâte, son chiffre d’affaires est retombé depuis à quelque 8 M seulement. Christophe Delmotte se donne un an pour remonter cette pente et pour harmoniser les deux sites et les gammes avant sans doute d’investir à nouveau.