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Truffe/Partenariat Delpeyrat et Stef-TFE défendent la truffe noire

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La société Delpeyrat et le groupe Stef-TFE viennent de signer avec l’Association Départementale d’Information et de Développement Agricole de Corrèze un partenariat de trois ans pour financer un programme scientifique de recherche sur la truffière expérimentale de Chartier-Ferrière. Cette opération « coup de cœur » vise à préserver le diamant noir du Périgord, un produit emblématique du patrimoine gastronomique du Sud-Ouest dont la production annuelle s’élève à peine à 50 tonnes par an. 300 000 euros vont être investis dans la constitution d’un verger truffier.

« La maison Delpeyrat est née en 1890 en développant son activité dans la truffe. Un siècle plus tard, nous continuons de valoriser les productions de notre région, de participer à la recherche et de soutenir des projets autour des valeurs de terroir. C’est important pour une entreprise de retrouver ses racines dans un monde éphémère ». C’est en ces termes que Thierry Blandinières, président de Delpeyrat, a voulu justifier son engagement en faveur de la truffe noire en partenariat avec le spécialiste de la logistique du froid Stef-TFE. « 80% des produits festifs viennent du Sud-Ouest », note le directeur général délégué de Stef-TFE, Jean-Claude Fromage, pour qui « l’industrie agroalimentaire française demeure un monde créatif ». « Notre souhait est d’œuvrer pour ce patrimoine gastronomique et d’apporter notre contribution à la recherche scientifique », a-t-il ajouté avant de rappeler que le groupe participe par ses moyens logistiques, 226 sites en Europe, au rayonnement des productions agroalimentaires de tous les terroirs. « Il nous a donc semblé naturel d’apporter notre pierre à l’édifice ».

La recherche au service du goût

En 2008, des chercheurs de l’INRA ont mis au point un protocole de recherche inédit relatif à la mycorhization du champignon « tuber melanosporum », plus connu sous le nom de truffe noire. Grâce à des techniques de micro biologie et à la double sélection des meilleurs sols et des meilleures essences d’arbres truffiers, le bouturage des plans est devenu possible. « Nous ne cherchons pas à produire des truffes dans des tubes à essais, rassurez-vous ! », précise Hervé Covès, ingénieur agronome au centre expérimental de Chartier-Ferrière mais il s’agit de contrecarrer la chute de la production de truffes noires du Périgord qui est passée de 2000 tonnes à 50 tonnes en un siècle « sans vraiment que l’on sache pourquoi », selon Hervé Covès.

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Le « diamant noir » du Périgord

Ce partenariat entre la trufficulture et deux entreprises majeures dans l’agroalimentaire ouvre de nouveaux horizons pour la filière. Il permettra notamment l’achat de 1000 plants truffiers qui contribueront à la reconstitution d’un verger truffier moderne et à la densification de la production en France et en Europe, afin de garantir l’avenir de la filière sur ses marchés domestiques. « Au marché de Lalbengue, 90 kg de truffes ont été récemment proposés et se sont négociés entre 300 et 590 euros le kg », a précisé Alain Champagnac, un des responsables du centre expérimental et également producteur de truffes. Des prix « encore modestes car on est en début de saison », a-t-il ajouté. La truffe noire du Périgord se récolte du 15 novembre au 15 mars. D’ici peu, la truffe arrivera à maturité et à l’approche des fêtes de fin d’année, les prix vont grimper. Le marché de la truffe attire principalement des négociants et des restaurateurs. Du fait de sa rareté, ce mystérieux produit peut atteindre 1000 euros le kg.