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RÉSULTATS/PRODUITS FESTIFS Delpeyrat inquiet de la trop grande saisonnalité des ventes de foie gras

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Le groupe Delpeyrat estime avoir connu un bel exercice allant à fin juin, mais s'inquiète du coup d'arrêt que subit la consommation du foie gras en France et appelle la profession à une réflexion sur le sujet. Il se félicite toutefois de son arrivée réussie sur l'activité saumon et parie encore sur l'innovation dans le secteur des jambons secs.

La holding MVVH (Maïsadour, Vivadour et Val de Sèvres) qui regroupe le pôle agroalimentaire de la coopérative Maïsadour se félicite des succès remportés par ses produits festifs mais s'inquiète du retournement de conjoncture qui a touché l'activité foie gras en France en cette fin d'année. Pour l'exercic clos au 30 juin, MVVH a réalisé un chiffre d'affaires de 434 M€, en progression de 6 %. « Depuis le 1er juillet jusqu'à fin décembre, période clé pour les produits festifs, les ventes atteindraient 325 M€ en croissance de 13 %, selon Frédéric Oriol, directeur général de Delpeyrat. Au 30 juin 2014, on devrait atteindre 550 M€, soit une progression de 27 % ». L'évolution du marché du foie gras en France inquiète cependant le groupe. « Sur la saison festive 2013, le foie gras aurait baissé de 5 % en volume et de 6 % en valeur, selon l'institut Kantar, le foie cru perdant même 12 %. Le foie gras avait toujours passé les crises, mais on ne peut plus se voiler la face devant ce coup d'arrêt de la consommation », déplore Dominique Duprat, directeur général adjoint. C'est le premier coup de frein depuis 2000, en dépit de beaucoup de promotion. « Il faut que la profession y travaille conjointement, pour retrouver de la croissance et ne pas travailler seulement sur les deux dernières semaines ». Il faut en cela s'inspirer de ce qu'a fait le secteur du saumon pour mieux répartir ses ventes sur toute l'année.

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BONNE PERCÉE DANS LE SAUMON

Delpeyrat estime pour sa part ne pas avoir trop souffert, ayant poursuivi sa croissance en part de marché pour atteindre12,1 %, contre 10,4 % en 2010 et 6,3 % en 2007. Il se rapproche du leader Labeyrie avec 18,9 % (source IRI pour mi-cuit et conserve). Les ventes se sont également bien développées au Canada où, associé à Elevages Périgord, les ventes ont atteint 9,5 M$ avec 80 000 canards élevés. L'objectif à trois ans est de 15 M$. Les élaborés de canard, magrets ou tournedos ont tous connu des croissances à deux, voire trois chiffres. Sur le marché du jambon qui a reculé de 1 % en France, Delpeyrat a progressé de 17 % et le jambon de Bayonne de 6 %. Delpeyrat va également lancer un jambon Serrano (origine et affiné en Espagne) car ce type de jambon est le plus vendu en France après le Bayonne. « L'arrivée de Fleury Michon sur ce segment du jambon sec va également permettre de dynamiser le marché », estime Dominique Duprat. Le groupe se dit également très satisfait de son arrivé sur le marché du saumon, depuis le 1er avril. Il détient 5 % de part de marché après seulement neuf mois, dans un marché qui a perdu 9,1 % sur les deux derniers mois de l'année (en raison notamment d'un émission TV à charge). Le groupe entend également se lancer dans un nouveau périmètre avec les ingrédients pour enrichir des salades : gésiers, magrets, jambons, saumont, crevettes. Un test sera lancé dans une grande enseigne à compter de mai.