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Foie gras/Salaison/Stratégie Delpeyrat investit tous azimuts dans le foie gras

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Delpeyrat continue à installer sa marque en GMS en foie gras et en jambon de Bayonne, mais est toujours en quête d’une marque à résonnance nationale pour ses plats cuisinés. En attendant, l’usine de foie gras de Saint Pierre Du Mont bénéficie de 10 M EUR d’investissements. Elle pourra approvisionner 35 % du marché au terme des travaux et doit également permettre d’opérer un saut qualitatif. Delpeyrat doit par ailleurs investir en Chine : le groupe ambitionne de rattraper Rougié en Asie.

La progression a été moins spectaculaire que l’an passé mais Delpeyrat affiche sa satisfaction. « L’an passé, nous avons réalisé un saut énorme. Cette année, nous avons consolidé notre position et créé de la valeur », commente Benoît Berger, responsable marketing. En effet, si la progression en volume de la marque atteint 4 % (la part de marché volume avait cru de près de 4 points sur la saison 2009), en valeur, elle affiche une croissance de 10 % (pour un marché en progression volume de 2,3 % et valeur de 4,1 %). « Aujourd’hui, nous arrivons à 11,5 % de part de marché sans Carrefour, alors que nos concurrents sont présents dans toutes les enseignes », indique pour sa part Thierry Blandinières, directeur général de Maïsadour. Tous circuits confondus (la GMS, dont les MDD, ne pèse que 40 % des volumes), la croissance organique atteint 10 %.

10 M EUR d’investissement à Saint Pierre du Mont
Confiant dans sa marge de progression, Delpeyrat investit 10 M EUR dans une extension de son usine de Saint-Pierre du Mont. 10 000 m2 supplémentaires vont porter la surface du site à 35 000 m2 et en faire le premier site mondial de production de foie gras. Opérationnel pour la saison 2012, le site offrira une capacité de production de 6 000 t, soit 35 % du marché. 150 personnes doivent être embauchées sur trois (effectif actuel : 500 personnes). « Dans un premier temps, nous visons 5 000 t de production, soit 30 % du marché, contre 4 200 t actuellement », indique Thierry Blandinières. Outre l’augmentation capacitaire, Delpeyrat vise également un saut technologique. L’extension accueillera en effet une salle blanche qui doit permettre de d’abaisser le barème de cuisson du foie gras mi-cuit de 5 à 7 % tout en garantissant la même DLC. « Avec cette cuisson, les qualités organoleptiques du produit sont améliorées. Nous voulons y emmener tout le cœur de gamme, y compris les MDD », indique Thierry Blandinières. L’extension accueillera également une cuisine expérimentale de 500 m2 dédiée à la R&D et à des formations.

Implantation programmée en Chine
Delpeyrat entend également poursuivre son développement à l’international, en Asie notamment, où il souhaite rattraper Rougié et mise notamment sur son partenariat avec Guy Martin. Après l’échec du projet de joint-venture qui avait été envisagé en Chine, le groupe envisage une approche différente. « L’idée c’est d’acheter des produits chinois, de les sélectionner et d’opérer la première transformation, sans nous impliquer dans l’amont », indique Thierry Blandinières. Le projet de filiale et l’implantation sur un site industriel à proximité de Shanghai pourraient être bouclés pour le milieu de l’année. Outre le foie gras, Depleyrat veut valoriser le reste du canard en faisant du confit, des manchons…

Le jambon de Bayonne en plein boom
Delpeyrat a par ailleurs réalisé une bonne année 2010 sur le jambon de Bayonne. Avec 22 % de part de marché volume et 25,7 % de part de marché valeur, la marque est derrière les MDD qui pèsent environ la moitié du marché mais loin devant les autres marques nationales. Et surtout, elle a enregistré de très fortes progressions : + 75 % en volume et + 69 % en valeur sur un marché qui progressait de 9 % en volume (2 100 t) et de 7 % en valeur (52 M EUR). En 2011, la marque va considérablement étoffer sa gamme, avec des chiffonnades (Bayonne et magret de canard), un format familial, un plateau du Sud Ouest (assortiment) ou encore une offre mixte jambon de Bayonne - foie gras pour désaisonnaliser ce dernier.

Les plats cuisinés toujours en quête d’une marque
Concernant les plats cuisinés, Delpeyrat est toujours en recherche de partenariat avec une marque nationale qui pourrait porter le développement de l’activité, principalement orientée vers les MDD pour l’instant puisque 90 % de l’activité est réalisée sous MDD ou en frais emballé. « Delpeyrat est déjà présent avec des produits de gastronomie du Sud-Ouest, mais pour nous développer, il faudrait sortir de cette niche », explique Thierry Blandinières.
Delpeyrat vise un chiffre d’affaires de 420 M EUR en 2010/2011, après 400 M EUR en 2009/2010. Le canard contribue à l’activité à hauteur de 64,5 %, le jambon de Bayonne à hauteur de 18,75 % et les plats cuisinés à hauteur de 16,25 %. L’export (foie gras et jambon de Bayonne) pèse 12 %. Après l’extension de l’usine de Saint Pierre du Mont, Delpeyrat envisage déjà celle du site de production de jambon de Bayonne d’Aïcirits (64). « Le site produit 6 500 jambons de Bayonne, et l’idée, c’est de passer à 13 000. Mais la priorité, c’est l’investissement sur le foie gras », indique Thierry Blandinières.

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