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POISSON/EQUIPEMENT Delpierre investit dans la stérilisation à froid

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Poussé en avant par une concurrence qui se fait plus pressante, le leader du poisson en GMS vient de faire l'acquisition d'une machine à haute pression pour stériliser ses produits à froid. Cette technique, très marginale en France, est à ce jour la seule utilisée sur ce secteur.

Depuis 100 ans, la société Delpierre transforme et commercialise du poisson frais. Alors que le secteur semble attirer les convoitises et voit apparaître de nouveaux acteurs comme Delmas (Delpeyrat/Maïsadour), Delpierre entend conserver son leadership. L'entreprise a dévoilé mardi 7 avril sa toute nouvelle acquisition, à l'usine de Saint-Aignan (Nantes). Il s'agit d'une machine de pasteurisation à froid (haute pression), de la marque espagnole Hyperbaric. Grâce à cet équipement, Del-pierre peut désormais afficher au minimum 10 jours supplémentaires de DLC sur les barquettes de certains produits crus et frais comme le filet de cabillaud ou les coquilles Saint-Jacques.

« Nous sommes toujours en phase de test mais à terme, cette installation va nous permettre d'envisager de développer nos ventes à l'export, en Allemagne, Suisse, Italie. Une chose impossible quand le poisson est seulement conditionné sous atmosphère », explique Philippe Darthenucq, directeur général.

6 000 BARS, TROIS MINUTES

La pression exercée sur le produit, de l'ordre de 6 000 bars pendant 3 minutes, n'altère ni les goûts, ni les couleurs, et le produit reste cru en conservant ses qualités nutritionnelles. Seuls les éventuels micro-organismes sont détruits. Concrètement, il faut un salarié à temps plein pour charger et décharger les barquettes dans la machine, laquelle possède une capacité de 300 tonnes par an (par rapport aux 8200 tonnes pour l'usine au total). Pour s'offrir cette nouvelle technologie, très peu répandue en France, il a fallu débourser près d'un million d'euros. Il y a donc un surcoût conséquent à son utilisation, de l'ordre de 10 à 15%, et que Delpierre ne répercute pas pour le moment au consommateur. « Nous pensons qu'il peut s'agir d'une fracture technologique, reprend Philippe Darthenucq. Ce procédé permet de ne pas utiliser de conservateurs, donc d'être Clean Label ; il autorise une plus grande DLC, donc moins de casse et de gaspillage dans les magasins. C'est notre rôle de locomotive du secteur d'expérimenter ces techniques d'avenir. »

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Bien décidée à conserver « son quart d'heure d'avance », la société Delpierre a également investi depuis un an dans la technologie de conditionnement dite sous-skin, qui présente un produit en barquette lisse en brillant, plus attractif. « Le sous-skin est particulièrement adapté aux crevettes et autres crustacés, marinés ou non, également les filets de poissons, cabillaud, saumon, ainsi que les poissons fumés harengs, maquereaux… », détaille Pascal Jallet, directeur industriel.

30% EN MARQUES DE DISTRIBUTEURS

Delpierre possède 5 ateliers de production répartis dans toute la France, ainsi qu'un siège à Paris. Elle compte 1 000 collaborateurs, chiffre en augmentation constante, Delpierre étant une entreprise « qui embauche et qui crée de l'emploi ». Elle réalise 92 millions d'euros de chiffre d'affaires pour un volume commercialisé de 24 000 tonnes annuelles, dont 40% à marque Delpierre, 30% en MDD et 30% de produits bruts (banc des poissonneries). « Notre objectif est de donner envie aux 20-50 ans, sous-consommateurs en GMS, d'acheter et de préparer leurs poissons eux-mêmes », précise Philippe Darthenucq. Pour cela, Delpierre travaille actuellement avec la grande distribution sur un nouveau modèle de vente de la marée, et poursuit son développement au libre-service avec des lancements comme les nouvelles recettes de queues de crevettes marinées à la Provençale, le Trio de saumon, cabillaud, crevettes à poêler, et les gambas sauvages d'Australie.