Plusieurs Etats membres de l’Union européenne ont souligné l’importance de ne pas abandonner les indications géographiques au cours des négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la libéralisation des échanges. A l’issue d’un bref tour de table sur la qualité lors du Conseil agricole du 18 décembre, le ministre français de l’agriculture a contesté la vision selon laquelle les appellations seraient une entrave aux échanges.
La politique des indications géographiques « n’est pas du protectionnisme, mais c’est notre identité européenne. Le débat sur le poulet chloré, comme celui sur les indications géographiques, montre le même souci de préserver le modèle alimentaire européen », a insisté Michel Barnier, le ministre français de l’agriculture, soulignant l’importance de cet outil de traçabilité et de promotion des identités européennes. La République tchèque, qui assurera la présidence de l’Union européenne, à compter du 1 er janvier prochain, a confirmé son intention d’organiser, les 12 et 13 mars, une conférence sur la qualité des produits agricoles à Prague. Très rapidement après cette conférence, probablement à la fin du mois de mai, la Commission présentera une communication sur ce sujet, a indiqué la commissaire à l’agriculture. Mariann Fischer Boel a d’ailleurs souligné que la consultation lancée par le livre vert sur la qualité n’était pas un simple exercice de style, et que l’agenda n’était pas « précuisiné », assurant que les différents avis recueillis par Bruxelles – plus d’une centaine à ce stade – seraient bien pris en compte. « Pour moi, il n’y a aucun doute,a assuré la commissaire, la politique de qualité des produits agricoles sera la première de nos priorités pour les dix prochaines années, et si vous me le permettez, nous avons bien entamé le processus avec le livre vert ! »
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De nombreux points soulevés par la Commission européenne font l’objet de débats. A l’occasion des discussions dans le cadre du Comité spécial agricole, la Bulgarie, Chypre, l’Espagne et la Pologne ont demandé que des campagnes d’information et de promotion sur les produits et les systèmes européens de qualité soient lancées. L’Autriche, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la Grèce, la Lettonie, Malte, la Roumanie et la Slovaquie ont souligné la nécessité de simplifier les systèmes de qualité. Plusieurs pays ont insisté sur l’importance de maintenir les indications géographiques dans les négociations à l’OMC. L’Italie, qui a obtenu le soutien de plusieurs délégations, a défendu un projet de registres nationaux d’appellations d’origine, destiné aux appellations ayant un intérêt local, mais ne nécessitant pas de protection au niveau européen et international. L’Allemagne est sceptique sur l’intérêt d’un tel mécanisme.