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Spiritueux/Cession Départ du président de Belvédère

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Nouveau rebondissement dans le « feuilleton » du groupe de spiritueux Belvédère (vodkas Sobieski et Danska, whisky William Peel, liqueur Marie Brizard etc., 3 650 salariés dont 750 en France), placé en redressement judiciaire (1)... Jacques Rouvroy, le président-directeur général, et cofondateur en 1991 de Belvédère, quitte le groupe. Le communiqué de presse, annonçant son départ, précise qu’il part de l’entreprise « pour des raisons personnelles » Il est remplacé par son directeur général délégué, également cofondateur de l’entreprise, Krzysztof Trylinski. Aucune autre précision concernant le départ de Jacques Rouvroy n’est donnée par l’entreprise dont les dirigeants demeurent injoignables. Selon un industriel du secteur, « le remplacement de Jacques Rouvroy par Krzysztof Trylinski ne change rien ! ».
Pour l’heure, le nouveau président de Belvédère annonce dans le communiqué en énième réponse aux tribunaux : « Mon objectif prioritaire est de désendetter Belvédère. Cela sera rendu possible rapidement par la cession prochaine de deux marques ». Il demande également aux créanciers de Belvédère « à venir s’asseoir à la table des négociations pour le bien de l’entreprise et la préservation de ses emplois ». Et d’ajouter : « Je demande à nos créanciers, Oaktree Capital Management – propriétaire de notre concurrent en Pologne – en tête, de bien vouloir négocier une sortie honorable de cette crise que nous subissons avec nos salariés depuis 2008 ». Rappelons que le groupe est endetté à hauteur d’environ 580 M EUR et a accusé un déficit de 54 M EUR en 2010, qui se comparait à une perte de 178 M EUR un an auparavant. Une amélioration du résultat due notamment à la réintégration dans le périmètre du groupe de la filiale Marie Brizard, dont la vente n’était plus à l’ordre du jour.

Des marques à vendre
La vente de marques de Belvédère serait donc à nouveau d’actualité. Selon un industriel du secteur que nous avons interrogé, « la cession de Sobieski serait la fin de la société car elle signerait la disparition de l’organisation commerciale en France. Les autres marques sont mineures en termes de montants de cession. Reste donc le whisky William Peel et Marie Brizard. Cette dernière est cessible car la marque est peu présente sur le marché français, même si une cession affaiblirait le dispositif commercial du groupe notamment en Espagne ». Rappelons que les dernières négociations connues sur le sujet avaient eu lieu à la fin de l’année dernière, sans succès (2). En outre, l’audience de la cour d’appel devant décider de l’extension de la procédure de sauvegarde (1) se tiendra le 13 octobre. Si la société était mise à nouveau sous procédure de sauvegarde les cessions pourraient être encore retardées un an ou deux.
 
 
(1) Agra Alimentation n° 2168 du 22 septembre 2011 
(2) Agra Alimentation n° 2134 du 16 décembre 2010 

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