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Quelle mouche a donc piqué le réseau FNE pour lancer une campagne anti-agriculture d’une telle violence ? Sans doute ces militants écologistes, plutôt accessibles au dialogue ont-ils été séduits par une agence de pub en mal d’images choc. Mais on ne réalise pas une campagne d’explication comme on vend un produit. La caricature, qui convient dans le second cas, n’est souvent que dérapage dans le premier. Vouloir lancer un débat ne justifie pas tout.
Même si c’est encore un peu trop tôt, deux leçons peuvent être tirées de cette campagne et des réactions qu’elle suscite :
– Les écologistes pourraient bien passer, s’il y a sanction ou interdiction, pour des victimes de la liberté d’expression, sacrifiés au nom du « lobby agricole ». C’est le piège dans lequel les défenseurs de l’agriculture doivent éviter de tomber tant, aujourd’hui, les écolos ont plus l’écoute des politiques et citadins que les agriculteurs.
– La campagne vise l’agriculture dite « industrielle » et ses caractéristiques (élevage intensif, phytos, OGM, etc). C’est une rengaine chez les écologistes dont on croyait d’ailleurs FNE épargnée. Si on remet en cause cette forme d’agriculture, comment nourrit-on des Français, Européens, habitants de la planète, dont le pouvoir d’achat est mis à mal ? Obsédés surtout par la sauvegarde d’une certaine qualité de vie, proches des angoisses de citadins aisés, les écologistes en oublient l’impératif social qui est de nourrir tout le monde. Ils mènent un combat qui s’apparente à des réflexes conservateurs. Les progressistes, les immobilistes, les gens de droite, de gauche, ne sont pas toujours ceux qu’on pense.