La date du 26 juillet pour la prise de contrôle effective d’Allied Domecq par Pernod Ricard a toute chance d’être respectée. Le groupe français a en effet obtenu la levée des principaux obstacles réglementaires et les actionnaires des deux groupes ont applaudi à l’événement.
L’union est désormais quasi consommée entre le groupe Pernod Ricard et son concurrent Allied Domecq. La voie s’est dégagée pour le groupe français, étape par étape, d’abord le retrait de toute velléité de contre-offre de la part de l’américain Constellation Brands, puis l’accord de la Commission européenne et celui des autorités américaines, enfin le vote de ses propres actionnaires et de ceux d’Allied Domecq. Les deux derniers obstacles à franchir semblent acquis, ce sont l’autorisation des autorités canadiennes et le contrôle de légalité assuré par la Haute Cour de justice d’Angleterre et du Pays de Galles.
Pernod Ricard passera ainsi, à la date convenue du 26 juillet, de la 3e à la 2e place mondiale du secteur des vins et spiritueux, derrière le britannique, Diageo.
Une étape clé
Cette acquisition est « une nouvelle étape clé de notre histoire qui est en train de s’écrire», a déclaré Patrick Ricard, le p.-d.g. du groupe français.
Après l’approbation du rachat par le conseil d’administration d’Allied Domecq (whisky Ballantine’s, liqueur Malibu, vodka Stolichnaya) en mai, les actionnaires du groupe se sont prononcés à leur tour favorablement le 4 juillet à la quasi-unanimité (99,8%). L’opération leur permettra de recevoir, en cash et en titres, l’équivalent de 670 pence par action détenue, soit une prime de 24,8% par rapport au cours d’avant le lancement de l’offre en avril.
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La semaine dernière, les actionnaires de Pernod Ricard (Chivas, Clan Campbell, Jameson, Martell, Pastis 51, Ricard, Seagram’s Gin, The Glenlivet, Wild Turkey) avaient donné eux aussi leur accord à ce rachat, d’un montant total de 7,4 milliards de livres (10,7 mds EUR), qui passe par une augmentation de capital du groupe français, la vente d’actifs conforme aux demandes des autorités de la concurrence et un apport en numéraire.
Les analystes attendent de ce rapprochement des synergies de l’ordre de 300 à 400 millions d’euros.
Au terme de cette petite révolution du secteur, l’allié américain de Pernod Ricard, Fortune Brands, recevra notamment d’Allied Domecq les cognacs Courvoisier et la tequila Sauza, et de Pernod Ricard le gin Larios. Le groupe Diageo récupèrera les vins néo-zélandais Montana et le whiskey Bushmills.