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Filière porcine Des actions syndicales pour faire reconnaître le porc français

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Dans une situation similaire à celle des éleveurs laitiers mais avec une trésorerie très dégradée, les éleveurs de porcs, par la voix de leur fédération (FNP) font pression sur les salaisonniers pour améliorer la situation des éleveurs à l’aide d’une meilleure valorisation de la viande.

Chute du prix du porc de 4,12% depuis 7 mois, hausse du cours des céréales avec déjà un impact sur le prix de l’aliment (+30 à 40€/t), baisse hivernale des cours du porc (-15c/kg environ), chute du cours du porc allemand cette semaine (-7c/kg), ), « cela met la panique dans les élevages », lance Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP) lors d’une conférence de presse. « Les élevages n’ont pas de capacité en termes de trésorerie ». Et le coût de l’aliment va encore augmenter de 20 à 30€/t d’ici octobre, soit près de 50 à 60€/t d’augmentation depuis juillet, ce qui représente au final plus de 20€ de coûts de production supplémentaires par porc (20 à 25c/kg). Si la chute hivernale des cours du porc se confirme, ce sont 35 à 40c/kg qui manqueront à l’appel pour les producteurs.

Inciter les industriels à acheter français

« Nous sommes dans un scénario 2007 » mais sans « aucune marge de manœuvre au niveau des outils de gestion de crise ». La caisse d’avance de trésorerie, mise en place par l’interprofession, est inutilisable puisque les éleveurs n’ont remboursé que deux échéances sur les huit prévues après la crise de 2007. Une seule solution donc, la meilleure valorisation de la viande de porc française (VPF). Pour combler uniquement la hausse du coût de l’aliment, sans prendre en compte la probable chute hivernale des cours, il faut multiplier par dix la plus-value sur la VPF, passant de 2c/kg à 20c/kg. « Si la grande distribution veut de la VPF, elle va devoir payer », s’exclame Jean Michel Serres. Comme la situation n’a pas beaucoup évolué depuis le printemps dernier concernant les affichages et la valorisation de VPF dans la grande distribution, une action syndicale de « stickage » des produits VPF sera entamée par les producteurs, dès le 2 septembre sur toute la France. « Au travers de VPF, nous voulons un affichage clair et massif pour attirer les clients ».

En attente de négociations

Du côté des distributeurs, l’écoute semble plutôt favorable, ce qui n’est pas le cas visiblement chez les grands salaisonniers. « La France est devenue une vraie passoire au profit d’industriels divers et variés », s’enflamme Paul Auffrey, secrétaire générale de la FNP. « En plus, le tarif français de la viande porcine est calé sur un arbitrage européen qui joue en notre défaveur », à la suite de distorsion de concurrence. À force de tirer les prix vers le bas et de s’approvisionner à l’étranger, les industriels « se tirent une balle dans le pied » puisque la production française porcine tendra à disparaître au profit de produits transformés importés. Les discussions avec l’ensemble des distributeurs devraient être entamées dès la semaine du 6 septembre. Si jamais les distributeurs ne répondaient pas à cette « sensibilisation » du stickage, une opération plus « musclée » se mettrait en place après le 8 septembre, date du conseil d’administration de l’interprofession Inaporc. Quant à la question de la répercussion de cette augmentation du prix d’achat aux consommateurs, « la réponse appartient aux distributeurs », selon la FNP.

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