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Bretagne Des agriculteurs de plus en plus sensibles à la protection de l’environnement

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Les chambres d’agriculture de Bretagne n’auraient manqué pour rien au monde Brest 2004, grand rassemblement international de vieux gréements, qui s’est tenu dans le grand port finistérien, du samedi 10 au jeudi 15 juillet. Les agriculteurs bretons ont présenté aux participants leur métier en affichant une réelle volonté de s’engager vers la protection de l’environnement.

Sur 1 hectare d’exposition appelée « Terres de Bretagne », les agriculteurs bretons ont présenté, à 15 000 marins (1500 bateaux) et 300 000 personnes, leurs produits et les animaux avec lesquels ils travaillent. Ils ont déployé tous leurs savoir-faire en élevage, cultures légumières, etc. 800 agriculteurs se sont relayés pour l’accueil, et au moins 1000 personnes sont passées chaque jour sur le stand à légumes, le seul où elles étaient recensées.

Des agriculteurs responsabilisés à l’environnement

Au-delà des chiffres -la filière agricole et agroalimentaire bretonne représente 39 % du PIB marchand régional-, les agriculteurs se sont présentés comme « garants du lien social et territorial, (…) de l’alimentation en quantité, qualité, diversité et sécurité, (…) et responsabilisés à l’environnement ». Ce discours découlait de la réflexion engagée lors du colloque « Agriculture & Société » (Brest, décembre 2003), organisé par les agriculteurs et ouvert à d’autres secteurs d’activité. Pour illustrer ce discours, les agriculteurs ont ensuite expliqué, à travers la visite d’une exploitation, comment naissent ces vertus chez un éleveur.

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5 ans d’expérimentation et des résultats probants

Philippe Dreves, jeune agriculteur, habite Ploumoguer, au nord de la rade de Brest, sur la gabare « Notre-Dame du Rumengol ». Son exploitation se situe en plein dans le bassin versant de Kermorvan (Ploumoguer) qui alimente en eau 15 000 habitants l’hiver (7 communes), et 50 000 l’été. Kermorvan fait partie du réseau de 45 bassins versants du programme régional Bretagne Eau d’amélioration de la qualité de l’eau. Particularité : une concentration d’exploitations (39), en majorité des systèmes laitiers ou mixtes de polyculture d’élevage intensif pour la plupart. Durant cinq ans, des expérimentations ont été menées particulièrement sur la cartographie des parcelles à risques, l’éloignement des cultures de maïs des cours d’eau, l’alimentation bi-phase en production porcine et les bilans azotés dans les sols pour fertiliser sans excès. Selon Lennaïg Le Saout, animatrice du bassin pour la chambre d’agriculture, « les résultats sont probants en atrazine, mais plus lents pour les nitrates ».

Des plans de fumure simplifiés grâce aux surfaces herbagères

Philippe Dreves, président de l’association des agriculteurs du bassin, producteur de lait (190 000 litres de quota) et de porcs à l’engraissement (416 places), assure avoir modifié ses pratiques sans conséquence économique. Il fait aujourd’hui la part belle à l’herbe (21 hectares) contre 4 hectares pour le maïs. « Les surfaces herbagères simplifient le plan de fumure car l’azote est mieux absorbé», explique-t-il. Avec une fibre environnementale, Philippe Dreves, fait figure d’exemple pour ses confères. Les eaux de ruissellement de son élevage laitier convergent en effet vers un filtre à roseaux, qui suscite l’admiration. Cette exploitation présentée dans le cadre de « Brest 2004» n’est qu’un exemple de la diversité des exploitations agricoles de Bretagne, de plus en plus engagées dans la protection de l’environnement.