L'année internationale de l'agriculture familiale a été lancée en 2014 par les Nations Unies. Un an de discussions et d'échanges s'en est suivi. Pour clôturer cette année de réflexion, un rapport proposant sept pistes de travail a été remis au ministre de l'Agriculture et à la secrétaire d'Etat au Développement et à la francophonie.
L'agriculture familiale produit 70 % de la production alimentaire mondiale. Un chiffre important mais pas toujours valorisé dans les politiques nationales. Pendant un an, les acteurs du monde agricole se sont penchés sur la question de l'agriculture familiale à l'appel des Nations unies. Un des premiers chantiers a été de définir l'agriculture familiale. « C'est un concept qui inclus tout ce que les pays ont envie de défendre : garantir l'accès à la terre, à l'eau et aux semences … Il faut tenir compte des droits coutumiers, des différentes techniques agricoles, etc. », explique Martine Laplante, du Conseil économique, social et environnementale (CESE) lors de la journée de clôture de l'année de l'agriculture familiale, le 26 janvier à Paris. Autre questionnement : l'accès au foncier. « Lors des débats, nous avons insisté sur la question de la régulation. En France, avant la mise en place des Safer, il y a eu le statut du fermage, première grande antidote contre la spéculation foncière », explique le sociologue Bertrand Hervieu qui représentait le ministère de l'Agriculture lors de cette journée de clôture.
Sept chantiers, un rapport
L'économiste et agronome Henri Rouillé d'Orfeuil a remis son rapport sur l'agriculture familiale au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et à la secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie, Annick Girardin, le 26 janvier à Paris. « Les agricultures familiales constituent une réponse moderne aux défis de la planète : la lutte contre la faim, les défis de la pauvreté et de l'environnement. Nous continuerons d'en parler en 2015 », affirme Annick Girardin.
« Ce rapport montre qu'on a un objectif dans la durée, les acteurs qui se sont investis cette année vont continuer, il n'y a pas de doute ! », s'enthousiasme le rapporteur Henri Rouillé d'Orfeuil qui propose sept chantiers de travail pour valoriser l'agriculture familiale :
– Renforcer la connaissance des agricultures familiales du monde et leur prise en compte dans les débats publics internationaux et les programmes de recherche. Il faut « convaincre les organisations internationales et les gouvernements nationaux de la nécessité historique d'en finir avec les politiques anti-paysannes et de soutenir vigoureusement les agricultures familiales », explique le rapport
– Créer un environnement national favorable au développement des agricultures familiales grâce à des outils de mesures spécifiques de politiques publiques (investissement dans les zones rurales, accès et usage du foncier, organisation des marchés, etc.).
– Veiller à maintenir l'agriculture familiale dans l'agenda diplomatique international.
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– Faciliter l'accès à la terre et aux ressources naturelles, sécuriser leurs usages et encourager leur gestion durable. « Pour les agriculteurs, outre le foncier et l'eau, il faut prendre en compte la conservation de la biodiversité et la préservation de l'atmosphère », note le rapport.
– Appuyer la formalisation des systèmes agricoles nationaux de connaissance et d'innovation, soutenir les politiques d'accompagnement des exploitations familiales grâce à la médiation des organisations paysannes.
– Réduire les exclusions paysannes, former et installer les jeunes agriculteurs, soutenir l'organisation d'un mouvement international de jeunes agriculteurs.
– Promouvoir des systèmes alimentaires territorialisés (SAT) en France et dans le monde.
Le syndicat des Jeunes Agriculteurs est intervenu pendant la journée de clôture des agricultures familiales à Paris, le 26 janvier. Ses représentants ont insisté sur plusieurs points : faciliter l'accès au foncier pour les jeunes, permettre la reconnaissance du métier d'agriculteur au niveau international ou encore favoriser une meilleure représentation de la profession agricole dans les instances mondiales. Avec le réseau AFDI (Agriculteurs français et développement international), les JA avaient organisé en septembre dernier un sommet international des jeunes agriculteurs, un dialogue qui devrait se poursuivre en 2015.
Le rapport complet est téléchargeable sur www.agriculture.gouv.fr/seminaire-cloture-annee-agriculture-familiale