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Bilan de santé de la Pac Des compensations économiques à trouver pour les céréaliers

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Alors que les groupes de travail planchent sur les modalités de mise en œuvre du bilan de santé de la Pac, les céréaliers souhaitent que le gouvernement ne s’arrête pas au paquet de 170 millions d’euros annoncé le 30 mars. Pour Xavier Beulin, il faut d’autres dispositifs d’accompagnement économique.

Si les négociations autour du bilan de santé de la Pac ont largement avancé, il reste encore du pain sur la planche aux groupes de travail. Dans l’enveloppe de 170 millions d’euros annoncée le 30 mars par le président de la République, un budget de 90 millions d’euros vise à compenser les pertes de revenu dans les fermes céréalières. Il pourrait s’adresser aux exploitations spécialisées à au moins 60 % en Scop, à raison de 25 euros/ha. Les 60 millions d’euros prévus pour l’aide rotationelle aux zones intermédiaires seraient attribués à hauteur de 32 euros/ha, un chiffre qui circule depuis plusieurs semaines. Les zones bénéficiaires seraient définies par rapport à un rendement moyen historique à l’hectare, peut-être de 60 q/ha en blé. Pour Xavier Beulin, président de la Fop et vice-président d’Orama, qui s’exprimait lors d’une réunion régionale organisée près de Laon par Proléa (oléoprotéagineux) le 14 avril, « nous avons pris acte de ces annonces, qui constituent un premier niveau de réponse au bilan de santé de la Pac et à sa mise en œuvre ».

Plus de complémentarité avec les filières animales

« Mais nous ne pouvons pas estimer que c’est une réponse suffisante », a-t-il souligné. Le responsable compte beaucoup sur l’élargissement de la DPA (Dotation pour aléas) à des critères économiques, « un dispositif fiscal qui permettrait de lisser la très forte amplitude des cours ». Un dispositif assurantiel répondant aux problématiques agricoles, tant climatiques qu’économiques, pourrait venir compléter cette mesure. Et pourquoi ne pas y adjoindre un système permettant aux exploitants d’investir dans leur filière avec un espoir de retour capitalistique ?

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De nouveaux ponts avec les filières animales sont également à construire. L’an passé, celles-ci « ont été confrontées à un effet de ciseau », a rappelé Olivier de Gasquet, directeur de l’Unip (interprofession des protéines végétales), le 14 avril. Car elles n’ont dans l’ensemble pas pu répercuter la hausse des prix à leurs clients, particulièrement en porc et en poulet. Or ce sont les principaux clients du secteur oléoprotéagineux, puisque 60 % des utilisations de graines françaises leurs sont destinés. Pour Xavier Beulin, il faut mettre en place « des relations plus contractuelles » entre les deux secteurs.