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COOPÉRATIVES/COLLOQUE Des coopératives résolument tournées vers l'international

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> Les coopératives agricoles s'étaient données rendez-vous pour une matinée organisée par Les Echos sur le thème du développement à l'international. L'occasion pour les participants d'échanger et de confronter leurs témoignages sur ce vaste sujet.

RÉUnIES sous le thème « À la conquête du monde », les coopératives agricoles ont tenu le 23 septembre leur cinquième journée européenne organisée par Les Echos. L'occasion pour les professionnels du secteur, qu'il s'agisse de coopératives ou d'industriels, mais aussi de financiers et d'investisseurs, de confronter leur point de vue sur le développement à l'international et d'échanger sur différents sujets d'actualité économique, financière et juridique.

En clair, les coopératives doivent aller chercher le consommateur là où il est et saisir les opportunités de développement à l'étranger. « La croissance des pays occidentaux observée jusqu'à maintenant va laisser la place aux pays émergents », explique Philippe Chapuis, directeur de l'agroalimentaire au Crédit agricole, en raison d'une augmentation de la classe moyenne dans ces pays. « Les coopératives ont tout intérêt à chercher la croissance là-bas », conclut-il. Même son de cloche du côté de Philippe Mangin, le président de Coop de France et d'Invivo qui souligne que « le mouvement est en marche du côté des coopératives » qui ont maintenant un rayonnement international, non sans préciser que « pour obtenir la confiance des agriculteurs, il faut une promesse de retour de valeur ».

Si la rentabilité est bien au cœur des préoccupations des coopératives dont l'enjeu est de gagner en valeur pour servir leurs adhérents, atteindre la taille critique sur certains de leurs métiers est aussi un point fondamental pour leur avenir. Mais réussir son implantation à l'international ne s'improvise pas. Il faut une surface financière suffisante, les bonnes équipes pour y arriver et la méthode. attention également à ne pas confondre « export et implantation à l'international », rappelle Hubert de Roquefeuil, directeur général d'Invivo nSa et directeur général adjoint d'Invivo, qui prévient que « la gestion du risque est un des thèmes primordiaux quand on s'implante à l'étranger ». Risques de changes, politiques, sanitaires, ce dernier sait de quoi il parle. Ce qui n'empêche pas le groupe de poursuivre ses acquisitions, notamment au Brésil. « Le portefeuille client de InVivo NSA est assuré à 80 % », précise-t-il.

Sodiaal, le premier groupe coopératif français (plus de 5 milliards d'euros de Ca) s'est quant à lui s'est appuyé sur des partenaires locaux. « Avec Yoplait, nous avons mis l'accent sur le développement de la franchise », explique Frédéric Rostand, le directeur général. Et ça marche. Si la marque est bien un élément de différenciation, la marque France est un atout considérable compte tenu des caractéristiques de l'agriculture française. « Il faut capitaliser sur les richesses de la France dans l'agroalimentaire et l'agriculture », ont unanimement reconnu les participants. Faire connaître les produits de la gastronomie française, c'est exactement ce que souhaite Frédéric Oriol, directeur général de Delpeyrat, pour accroître son développement hors des frontières, avec plus ou moins de succès. Son chiffre d'affaires à l'export représente 10 % de ses ventes, essentiellement en Europe (Espagne et Suisse surtout) et assez peu le grand export pour le moment. Delpeyrat tente de développer son foie gras en asie, auprès des Chinois qui en raffole. Pour autant, que les administrations françaises ne leur mettent pas des bâtons dans les roues. À terme, il vise un doublement de ses ventes l'export.

Le mouvement des coopératives à l'international est certes lancé et « il y a des belles réussites, mais il faut aller plus vite et plus loin », a prévenu Philippe Mangin.