Abonné

Filière porcine Des cours des porcs à l’image de ceux de 2009 ou 2007

- - 3 min

Les cotations de l’année 2010 ressembleraient, selon Estelle Ilari de l’Institut du porc, à celles des années 2009 et 2007 : des cours soutenus en début d’année, stables en été et qui chutent en septembre. La nouveauté réside dans une stabilité des cours depuis deux semaines.

Pour Estelle Ilari, de l’Institut du porc (Ifip), les cours de 2010 sont très proches de ceux de 2009 et 2007. Cet été, les éleveurs français ont eu « plutôt de la chance » puisque les cours sont restés stables alors que dans de nombreux autres pays, « un creux » a été nettement observé. « D’habitude, la consommation estivale est très bonne et les cours sont à la hausse, mais cela n’a pas été le cas cette année », précise Estelle Ilari. Expliquer ce phénomène reste difficile même si des facteurs comme la météo ou la crise économique ne sont pas à négliger, selon elle. Le marché du porc est entièrement libéralisé et est donc connecté au marché mondial. En ce début d’année, les taux de change favorables à l’euro et les prix élevés du porc aux Etats-Unis ont rendu le marché européen très compétitif. La France, qui avec l’Allemagne et l’Espagne représente la moitié de la production européenne, a dans l’ensemble plutôt bien tiré son épingle du jeu à cette époque. « En octobre, la baisse des cours est souvent la plus marquée, or ce n’est pas le cas en ce moment, explique Estelle Ilari. Les marchés se tiennent. Cela signifie, a priori, qu’il existe un équilibre entre l’offre et la demande. »

Les exportations soutiennent les cours

Les exportations ont drainé le marché et la consommation semble se porter un peu mieux. Par contre, pour les mois à venir, Estelle Ilari n’est pas très optimiste. « L’euro se renchérit. Les quotas d’export vers la Russie sont saturés. La production en fin d’année devrait croître de 1% et les budgets de rigueur annoncés partout ne dopent pas les ventes », résume-t-elle. « En 2007, le prix a perdu en moyenne 0,11€/kg sur l’année, en 2008, 0,14€/kg, en 2009, 0,02 à 0,03 €/kg. Pour 2010, nous estimons une perte équivalente à celle de 2009 », continue-t-elle en reprécisant que les éleveurs sont en crise depuis quatre ans puisque les coût de production dépassent trop souvent le prix à la production. À l’étranger, la situation n’est pas brillante non plus. « En Espagne, la production est très intégrée. Avec l’effondrement de l’immobilier, les investisseurs ont récupéré leur argent, déclare Estelle Ilari. En Allemagne, même si la restructuration a déjà eu lieu, les coûts de production sont élevés et la technicité des élevages n’est pas au rendez-vous. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.