L’INAO est en train de définir un cadre de critères environnementaux à intégrer aux cahiers des charges des indications géographiques (IG), comme l’a demandé au début de l’année le ministre de l’Agriculture, a indiqué le 9 juin Jean-Luc Dairien, directeur de l’institut lors d’un point presse. Ce cadre est conçu pour être souple, et sera rempli par les syndicats de producteurs, afin qu’ils se l’approprient.
Le chantier commandé par Stéphane Le Foll début janvier lors des vœux de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) suit son cours. L’INAO met la dernière main à un cadre de critères environnementaux que les ODG (organismes de défense et de gestion) sont invités à intégrer à leurs cahiers des charges.
Ce cadre propose des orientations, comme par exemple la production d’électricité photovoltaïque sur les exploitations, la plantation de haies, le façonnage du paysage et bien sûr la réduction des pesticides. Le directeur de l’institut a mentionné l’AOC viticole des Costières de Nîmes, engagée dans une démarche d’intégration de critères écologiques, parce que les critiques sur l’usage des pesticides en viticulture ont nui à l’image du produit.
Éviter de faire une réglementation normative
Il faut éviter de faire une réglementation normative : « Ce serait la meilleure façon d’aller dans le mur », a souligné Jean-Luc Dairien. À chaque ODG de définir ses priorités. « Les ODG se rendront leurs critères obligatoires, ce sera mieux admis qu’une réglementation normative. Ce n’est pas à nous d’inventer un système pour les démarches agri-environnementales ». La direction de l’INAO fait le pari que de telles mesures pourront être appliquées plus vite quand les acteurs en comprennent l’enjeu plutôt que le subir. L’inclusion de ces critères devrait être effective à la fin de l’année. L’intégration de critères paysagers peut rentrer dans ce cadre, les bassins viticoles étant concernés par cette question du fait de leur volonté d’étendre l’oenotourisme.
Par ailleurs ce point presse a été l’occasion pour l’institut d’annoncer la conclusion d’un accord de coopération avec son homologue québécois. Cette coopération consistera en l’échange d’informations dans un premier temps. Plus avancée est la coopération avec l’Algérie. Il s’agit de la construction « clés en main » d’un système d’appellations pour les dattes, les figues et l’olive.
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Gel et grêle : le vignoble bourguignon est un des plus touchés
Le vignoble bourguignon est un des vignobles les plus touchés par le gel et la grêle en avril et mai, a indiqué l’INAO le 9 juin. Près d’un tiers du vignoble de Bourgogne a été touché par les sévères gelées qui ont sévi dans la nuit du 26 au 27 avril en premier lieu et par quelques épisodes de grêle plus récemment. Le vignoble de Chablis (qui s’étend sur environ 5 500 ha) a été particulièrement touché en premier lieu par le gel (20 % des surfaces du vignoble), puis la grêle successivement les 13 (secteur nord 10 % des surfaces du vignoble) et 27 mai (secteur sud 40 % des surfaces du vignoble). « D’importants dégâts ont été causés sur l’ensemble du vignoble chablisien et la situation est très critique pour un grand nombre d’exploitations viticoles et d’entreprises ». Le vignoble de Saint Bris le Vineux a, quant à lui, été touché en totalité suite aux derniers épisodes de grêle du 27 mai dernier. Les vignobles du sud maconnais ont souffert d'un violent orage de grêle le 13 avril. Il a été estimé que près de 2 500 hectares de vignes ont été plus ou moins touchés. En Beaujolais, le gel du 27 avril a frappé les parcelles situées dans les secteurs réputés sensibles. Un nouvel épisode de grêle est intervenu fin mai surtout sur l’appellation « Chiroubles », avec 10 à 15 % des vignes très touchées.
En Val de Loire, les premières estimations relevées sont de l’ordre 60 à 70 % de la surface du vignoble total.
Outre la France, une partie importante de l’Europe viticole a été atteinte par le gel notamment l’Autriche, l’Allemagne, le nord de l’Italie, la Slovénie, la Slovaquie et une partie de la Hongrie.