Le 15 mai, deux députés (UMP et EELV) ont rendu public un rapport d'évaluation du paquet énergie-climat européen. En France, l'agriculture doit être une nouvelle cible prioritaire pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Jean-Jacques Guillet, député UMP, et François de Rugy, député EELV, ont rendu publique une évaluation de la mise en œuvre du paquet-énergie-climat européen à Paris, le 15 mai. Réalisée à la demande du groupe écologiste, l'évaluation s'inscrit dans la perspective de l'examen du projet de loi sur la transition énergétique que le gouvernement prévoit de déposer avant l'été. « Nous nous sommes appuyés sur une étude réalisée par la Cour des comptes qui travaille en toute indépendance », a insisté François de Rugy lors de la présentation du rapport. L'agriculture est identifiée comme une des « nouvelles cibles prioritaires » pour engager un recul des émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon la Cour des comptes, « en 2014, l'agriculture française émet 21% des émissions nationales, alors que cette proportion n'est que de 9% en moyenne au niveau européen ». François de Rugy ajoute : « La France est le premier pays agricole de l'Union européenne. Il est normal que l'agriculture participe davantage aux émissions nationales ». Néanmoins, en s'appuyant sur l'étude de la Cour des comptes, les députés ont souligné un point : il faut « accentuer les efforts du secteur agricole, responsable de 21% des émissions de GES en France ».
En finir avec les émissions
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Le comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques a par ailleurs insisté sur la nécessité de passer de la conception d'émissions nationales à celle d'empreinte carbone. Les calculs en termes d'émissions nationales « favorisent les délocalisations » des productions intenses en carbone vers des pays moins exigeants. Ainsi, « les délocalisations industrielles ne diminuent qu'artificiellement les émissions de dioxyde de carbone de la France », explique François de Rugy. Autrement dit : ce qui n'est plus émis en France, l'est dans un autre pays, s'agissant de délocalisation de la production ou d'importations. L'empreinte carbone a l'avantage d'être « sans frontières » contrairement aux émissions nationales. Les députés rappellent qu'entre 1990 et 2007, le niveau moyen d'émissions nationales a diminué de 15% alors que l'empreinte carbone a augmenté de 5%. Ce constat est lié à une augmentation des importations. Ainsi, selon le rapport d'évaluation, en 2005, quand les émissions françaises atteignaient 410 millions de tonnes de CO2, l'empreinte carbone était évaluée à 545 millions de tonnes de CO2 .
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), a rendu public un projet d'avis sur « L'adaptation de la France au changement climatique mondial » à Paris, le 14 mai. Jean Jouzel, un des rapporteurs, a affirmé que les échanges et les apprentissages sont nécessaires à l'échelle des régions ou de grandes régions. Concrètement, cela doit passer en premier lieu par « une vulgarisation et un accès aux données et aux études ». Le rapporteur a en outre insisté : « Il faut généraliser les observatoires dans les grandes régions, qui devront associer les réseaux de citoyens et de professionnels ». L'autre volet majeur d'une lutte régionale contre le changement climatique passe par l'éducation à l'environnement. « Ce matin, les députés étaient extrêmement mobilisés concernant l'éducation à l'environnement », a souligné Anne-Marie Ducroux, présidente de la section de l'environnement du Cese, le 14 mai.