La nouvelle direction du groupe Doux, en recherche de partenaires industriels et financiers pour transformer l’entreprise, fait face au pessimisme des syndicalistes.
Repris par Terrena en 2016, le groupe Doux a intégré le nouveau pôle volailler Galliance. Depuis septembre 2017, des réunions de comité d’entreprise extraordinaire ont lieu tous les mois pour informer les salariés de l’avancée du projet de transformation de l’entreprise. Le groupe Doux cherche en effet 100 M€ pour assurer une transformation vitale à sa survie (Agra Alimentation du 21 septembre 2017). « La recherche de partenaires occupe les dirigeants et les actionnaires depuis plusieurs mois », assure-t-on à la direction. « Les discussions sont en cours et aucun calendrier n’a pour l’heure été fixé ». Un partenaire industriel et financier en Europe de l’Est a été approché mais rien ne peut encore être confirmé concernant son identité, selon la direction. D’après Ouest-France, il s’agirait du volailler ukrainien MHP (55,9 M€ de bénéfices en 2016) qui pourrait prendre une participation majoritaire.
Pas de calendrier fixé
« Il n’est pas possible de fixer un calendrier », assure la direction. « En septembre dernier, nous parlions de quelques mois pour trouver une solution, nous ne pouvons pas attendre indéfiniment alors que le groupe continue de perdre 36 M€ par an », poursuit pourtant cette même source proche de la direction. « Notre projet est de transformer l’entreprise en profondeur tout en sauvegardant les emplois ». Axes prioritaires de cette transformation : faire monter en gamme la production, s’associer avec un producteur d’Europe de l’Est pour réduire les coûts et enfin développer le marché du halal en Europe. Le groupe Doux est présent sur le marché des poulets congelés à destination de l’export et notamment au Moyen-Orient, depuis le site de Châteaulin (29) qui abat 2,5 millions de volailles chaque semaine. Le volailler développe aussi des produits élaborés dans son site de La Vraie Croix (56). Mais l’entreprise bretonne est confrontée à une forte concurrence de la part du Brésil.
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Des syndicalistes pessimistes
Se tourner vers des produits plus qualitatifs, c’est aussi ce qu’attendent les salariés de la part de l’entreprise. Nadine Hourmant, syndicaliste Force Ouvrière, rappelait à la sortie de la dernière réunion de CEE du 13 février que tous « demandent de repartir à la conquête du marché français depuis de nombreuses années. La transformation du produit aurait déjà dû être faite depuis longtemps », indique-t-elle dans les colonnes du Télégramme. Si les représentants du personnel sont informés chaque mois de l’avancée des discussions et du projet de transformation, avec une nouvelle réunion programmée le 13 mars prochain, la crainte est pourtant grandissante dans leurs rangs. Très pessimiste, Nadine Hourmant craint pour l’avenir des 1 200 salariés. « Pour le moment, ce n'est pas la volonté des dirigeants de licencier ou de démanteler, mais cela s'annonce inévitable, si l'on veut transformer le modèle économique », confie-t-elle encore au Télégramme.