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Aliments du bétail Des doses anormales de cadmium détectées dans 7 départements

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Des doses anormales de cadmium ont été découvertes fin décembre dans des aliments du bétail en France, a révélé le 9 février un communiqué de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). « Le cadmium provient du sulfate de zinc importé de Chine qui est utilisé dans les aliments du bétail. Il a été importé en France en septembre 2004 par une société des Côtes d’Armor », ajoute le communiqué. En dehors de ces informations et de quelques autres, le silence des autorités reste de mise notamment sur le nom des entreprises qui auraient utilisé ce sulfate de zinc.

Des doses anormales de cadmium, un métal lourd et toxique, ont été découvertes fin décembre 2005 en France dans un aliment minéral pour bovins fabriqué en juin. Selon un communiqué commun de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) daté du 9 février, « le cadmium provient du sulfate de zinc importé de Chine et utilisé comme oligo-élément incorporé en faibles quantités dans les aliments du bétail. Il a été importé en France en septembre 2004 par une société des Côtes-d’Armor ».

120 tonnes incriminées

« La quantité de sulfate de zinc suspectée est de 120 tonnes (6 conteneurs de 20 tonnes). Quelque 68 tonnes ont été commercialisées pour l’alimentation animale auprès de 10 entreprises dans 7 départements de septembre 2004 à juillet 2005, 11 tonnes ont eu une autre destination que l’alimentation et 41 tonnes n’ont pas été commercialisées et sont actuellement consignées. La Commission européenne et les autorités des Vingt-cinq ont été informées à travers le système d’alerte communautaire (RASFF) et lors d’une réunion du Comité permanent de la chaîne alimentaire le 27 janvier », selon le communiqué.

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Silence des autorités

En dehors de ces informations dévoilées dans le communiqué, tous les services concernés par ce problème ne veulent pas en dire plus pour l’instant, indiquant « qu’une enquête est en cours ». Impossible d’obtenir auprès d’eux le nom des entreprises qui ont utilisé ce sulfate de zinc, ni même la liste des 7 départements et encore moins le nom de l’importateur. Ni la DGAL, ni la DGCCRF, ni la Direction des services vétérinaires des Côtes d’Armor, ni la Préfecture du département ne veulent donner d’informations sur le nombre d’élevages et d’animaux qui auraient été en contact avec les aliments contaminés et sur les risques encourus par l’homme. Seule réponse laconique à nos questions et issue encore du communiqué : « Les services vétérinaires, informés des lieux de livraison, prennent les mesures nécessaires pour retirer de la chaîne alimentaire les parties des animaux susceptibles de contenir du cadmium : le foie et le rein. Des instructions ont été données aux postes d’inspection frontaliers (…), pour réaliser des contrôles systématiques des teneurs en cadmium sur tous les lots de sulfate de zinc importés de Chine. Seuls les lots qui présenteront des résultats d’analyses favorables, par des laboratoires agréés, pourront être introduits en France. Par ailleurs, il a été demandé aux professionnels de renforcer leurs autocontrôles sur la présence de cadmium dans le sulfate de zinc de cette origine ».

Evaluation des risques en cours

Selon nos sources, les 7 départements concernés seraient le Finistère, les Côtes d’Armor, le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine, la Manche, la Mayenne et la Loire-Atlantique. L’ingestion de cadmium peut avoir des conséquences graves sur la santé : vomissements, fracture des os, problèmes au niveau des systèmes nerveux central et immunitaire ou encore altération de l’ADN. Sur ce point, la DGAL se veut rassurante : « Les quantités de cadmium qui ont été ingérées ne sont que très minimes et seulement 1 à 7 % sont absorbés selon les espèces. On ne peut retrouver qu’en très faible quantité du cadmium dans le lait et il ne passe que très faiblement la barrière placentaire », explique-t-on. « Les exploitations qui ont été en contact avec ces aliments sont actuellement en cours de recensement. Il est actuellement trop tôt pour estimer les risques », assure-t-on également. En attendant, l’expertise de l’Agence française de sécurité sanitaire et alimentaire (Afsaa) a été sollicitée pour évaluer le dispositif de sécurisation en fonction de l’analyse de risque et de l’exposition du consommateur.