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Idées Des droits de douanes pour sauver la paysannerie africaine

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Des économistes et des agronomes, dont Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, préconisent la mise en place de barrières douanières pour sauver les paysans africains, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde du 17 mai 2013.

Pour sauver la paysannerie africaine, « il faut rétablir des droits de douanes (un tarif extérieur commun) dans les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sur les principaux produits agricoles et alimentaires importés (céréales, oléo-protéagineux, produits laitiers, viandes, produits maraîchers...) à des taux assez protecteurs et assez flexibles pour maintenir les prix intérieurs aux niveaux rémunérateurs et stables requis », estiment des agronomes et des économistes, dont Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde du 17 mai 2013.
« Les droits de douane appliqués aux produits alimentaires importés dans la Cedeao sont aujourd’hui insignifiants et en tout cas très inférieurs à ceux appliqués par les Etats-Unis, l’Union européenne, la Chine ou le Japon », rappellent les signataires, qui ajoutent que « le déficit des échanges alimentaires de l’Afrique de l’Ouest a quadruplé entre 2000 et 2010, et le revenu moyen des ruraux est quatre fois moindre que celui des urbains » dans ces régions.

La libéralisation entraîne l’exode rural et l’émigration

Pour eux, c’est « en raison de la libéralisation croissante des politiques agricoles et des échanges agricoles internationaux – entamée avec les plans d’ajustement structurels et poursuivie depuis», que les paysans de ces pays, « généralement parmi les moins bien équipés du monde, sont livrés sans grande protection et sans grand appui à la concurrence des agriculteurs les plus compétitifs du monde, par ailleurs soutenus d’une manière ou d’une autre par des politiques publiques ». Ce qui entraîne un exode rural vers des bidonvilles qui n’en ont pas la capacité d’accueil, et une émigration qui se heurte aux restrictions croissantes des pays du nord.
Ils appellent également à « mettre sur pied, ou remettre sur pied, une organisation d’appui au développement agricole, comportant notamment un service de crédit agricole digne de ce nom » et à « mettre fin aux accaparements de terres paysannes ».

Payer les paysans africains à des prix rémunérateurs

Des mesures pour protéger les paysans des pays d’Afriques sont indispensables pour assurer la sécurité alimentaire, estiment Olivier de Schutter ; Marcel Mazoyer, ancien président du comité des programmes de la FAO ; Christine Surdon, agro-économiste ; Ibrahima Coulibaly, vice-président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’Ouest et les universitaires Gérard Azoulay et Véronique Ancey, cosignataires du texte. « Pour atteindre les objectifs de développement et de réduction de la pauvreté, il n’est pas d’autre voie que de payer les productions de ces paysans à des prix rémunérateurs, assez élevés et assez stables, pour leur permettre de vivre dignement de leur travail, d’investir et de progresser, pour mieux se nourrir et pour mieux contribuer à nourrir les villes », argumentent-ils.

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