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Mycotoxines Des effets modérés de Fusarium dans l’alimentation du porc

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Selon une récente étude menée conjointement par Arvalis-Institut du Végétal et l’Institut technique du porc (ITP), les mycotoxines de Fusarium et plus particulièrement du désoxynivalénol (DON) n’ont pas engendrés d’effets sur les porcs, à des doses inférieures à 1 000 ug/kg d’aliment. Pour des teneurs supérieures, des sous-consommations alimentaires sont observées. C’est également le cas pour les fumonisines retrouvées dans les aliments.

A des doses inférieures à 1 000 ug de mycotoxine désoxynivalénol (DON) par kg d’aliment, il n’y a pas de différences observées sur la consommation d’aliment, la croissance, la composition du sang et les paramètres immunitaires du porc. Telle est une des conclusions d’une récente étude initiée en 2002 par l’Institut technique du porc (ITP), Arvalis-Institut du végétal et l’Adaeso, sous la responsabilité de François Grosjean. La question de départ était de mieux connaître les effets des mycotoxines de Fusarium présentes dans les céréales françaises sur l’alimentation des porcs, telles que les désoxynivalénol (DON), nivalénol et zéaralénone pour le blé et les désoxynivalénol, zéaralénone et fumonisine B1 pour le maïs.

Pas d’effets à des doses inférieures à 1 000 ug/kg

L’étude a montré qu’à des doses en DON inférieures à 4 000 ug/kg d’aliment, « une teneur difficilement atteignable en pratique commerciale », il n’y a aucun phénomène de vomissement observé chez le porc, bien «que les porcs soient réputés plus sensibles que les autres espèces animales». A des doses supérieures ou égales à 1 000 ug/kg d’aliment, le principal effet observé est une sous-consommation des animaux de l’ordre de 4 % minimum. Les effets sur le système immunitaire sont modérés et ne concernent qu’une augmentation des IgA, «ce qui semble contredire l’idée très véhiculée du caractère immunodépressif du DON» précise l’étude. A des concentrations inférieures à 1 000 ug/kg d’aliment, « ce qui doit être le cas le plus fréquent des aliments français vu le niveau moyen de contamination des récoltes de céréales françaises », il n’a pas été montré de différences sur la consommation d’aliment, la croissance, la composition du sang et les paramètres immunitaires.

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Une étude à poursuivre

En revanche, l’étude montre que la présence de fumonisines a des effets importants sur la consommation des porcs. « L’indice de consommation s’est dégradé avec le taux de fumonisines de l’aliment, si bien que la croissance a diminué plus que proportionnellement à leur baisse de consommation ». Cependant, l’étude nuance ces résultats en précisant qu’il faudra refaire des essais avec des lots différents, notamment moins contaminés, « pour confirmer les résultats qui paraissent plus optimistes que ce à quoi les partenaires s’attendaient». Le projet a par ailleurs apporté des réponses sur les éventuelles interactions entre mycotoxines. Des effets additifs DON + zéaralénone (ZEN) ont été observés, diminuant la consommation des porcs, ainsi que des effets synergiques DON + fumonisine B1 (FB) sur courte période, mais modérément synergiques sur longue période.

Si l’ensemble de cette étude sur les fusariotoxines a permis de relativiser quelque peu les conséquences de ces mycotoxines dans l’alimentation porcine, les conclusions tablent sur une nécessaire poursuite de ces travaux sur ce thème.