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Le groupement Syproporcs, dans les Côtes d’Armor, veut développer la pratique des livraisons différée de porcs en complément au marché au cadran.
Les céréaliers bénéficient depuis longtemps d'outils financiers les aidant à fixer à l'avance le prix de vente de leur blé prévu à la récolte quelques mois plus tard. Mais pas les éleveurs de porcs qui subissent actuellement un terrible effet ciseau : prix du vif bas et prix de l'aliment élevé. Aussi le groupement Syproporcs (Lamballe, Côtes d'Armor) veut-il créer un marché à livraison différée, en complément du marché au cadran classique (marché du porc breton) qui établit chaque semaine deux cotations. Pour émerger, ce marché nécessite des contrats entre un éleveur, un acheteur – en l'occurrence l'abatteur Kermenée (Collinée, Côtes d'Armor), filiale du distributeur Leclerc – et le groupement qui garantit la livraison.
Un contrat avec prix fixé
Le contrat porte sur des prix proposés à l'avance chaque semaine par l'industriel sur les quatre mois suivants. L'éleveur s'engage à livrer le nombre d'animaux vivants qu'il souhaite par multiple de 50, sur une qualité standard correspondant au cœur de marché. De la sorte, l'éleveur apporte à son entreprise une ressource financière garantie sur les lots du contrat tandis que l'abatteur se couvre, lui, selon sa propre stratégie. Cinq ont été signés à ce jour. Ce mécanisme fonctionnera d'autant mieux s'il est couplé à l'achat différé de l'aliment. En effet, en connaissant parfaitement son prix de revient et la marge dont son entreprise a besoin, l'éleveur peut fixer un objectif prix de vente. Mieux, aucune contrepartie n'est demandée à l'éleveur, si ce n'est une journée de formation aux arcanes des marchés pour lui donner un aperçu des outils dont il aura besoin. Il ne s'agit donc pas d'un contrat d'intégration mais d'un outil de gestion.
« Avec la volatilité des prix, être bon techniquement ne suffit plus : il faut de nouveaux mécanismes », souligne Hervé Gaté, président du groupement. Pour autant, le scepticisme reste de mise dans l'univers porcin, sous-entend Hervé Gaté. Syproporcs a beau dire qu'il ne veut pas casser le marché du porc breton où il vend 70 % des 800 000 porcs charcutiers apportés en 2010 par ses 160 éleveurs adhérents, aucun groupement ni autre abatteur que Kermenée ne l'a suivi dans sa démarche, malgré 18 mois de discussions. « L'idéal serait que le MPB publie un jour les cotations du marché à livraison différée en même temps que celles du marché spot », rêve-t-il tout haut. Il rappelle que le MPB a vu le jour en 1972, dans l'indifférence générale.
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