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Sucre/UE Des Etats membres producteurs de sucre militent pour la reconduction des quotas jusqu'en 2020

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Un certain nombre d'Etats membres de l'UE producteurs de sucre réclament le maintien du régime des quotas sucriers européen jusqu'en 2020 afin de protéger les consommateurs d'éventuels problèmes d'approvisionnement et d'éviter la volatilité des prix qui risqueraient de remettre en cause la capacité de production sucrière de l'Union. Une demande en ce sens a été faite par le ministre hongrois de l'agriculture lors du dernier Conseil « agri », une demande fortement soutenue par près d'une dizaine d'Etats membres, dont la France. A partir de 2006, l'UE a mis en œuvre une réforme du secteur sucrier prévoyant notamment l'abandon des quotas de production à l'horizon de 2015, la réduction des prix du sucre et de la betterave ainsi que la suppression progressive des soutiens à l’exportation.

Lors du Conseil des ministres de l'agriculture du 14 novembre, la délégation hongroise a demandé le maintien du régime sucrier européen dans sa forme actuelle au moins jusqu'en 2020 ainsi que le système actuel de soutien de la production. La Hongrie justifie cette demande par la volatilité des prix et l'instabilité du marché mondial du sucre. Selon elle, depuis la réforme du régime sucrier à partir de 2006, la situation du marché mondial a considérablement changé, notamment par les déficits mondiaux enregistrés dans la production de sucre ces deux dernières campagnes et par les conditions météorologiques défavorables qui ont conduit un certain nombre de pays à réduire leurs productions en attendant une éventuelle reprise. Résultat : les stocks mondiaux de sucre sont tombés à leur plus bas niveau en 20 ans et les prix mondiaux ont considérablement augmenté. Par conséquent, soutient la Hongrie, l'UE se doit de réévaluer la situation et considère qu'il serait plus approprié de maintenir le régime du sucre jusqu'en 2020. La position de la Hongrie a été soutenue notamment par la France, l'Autriche, la Lituanie, la Finlande, la Belgique, la Slovaquie, l'Espagne et plus modérément par l'Allemagne. En revanche, des pays comme le Royaume-Uni, la Slovaquie, l'Irlande ou la Lettonie, ont défendu l'abandon rapide du système des quotas sucriers, les uns ayant plus d'intérêt dans le raffinage du sucre que dans la production, d'autres espérant qu'avec la fin des quotas ils pourraient faire remonter leurs productions.

Les sucriers cherchent des soutiens
En marge du Conseil Agriculture, les dirigeants de la CIBE (Confédération Internationale des Betteraviers Européens) ont rencontré Marek Sawicki, président en exercice du Conseil et ministre polonais de l'agriculture, et lui ont exprimé leurs préoccupations quant à l'avenir du marché communautaire du sucre au-delà de 2015 et a énuméré une série de demandes que l'on peut résumer ainsi : nécessité de maintenir les quotas de sucre au moins jusqu'en 2020 ainsi que le système de soutien à la production, de préserver et de renforcer le cadre des relations contractuelles dans le secteur de la betterave sucrière, y compris les accords interprofessionnels et le prix minimal de la betterave, de sauvegarder les instruments actuels de gestion des marchés (hors-quota, reports, retraits), de consolider le filet de sécurité pour assurer l'approvisionnement du marché de l'UE, d'améliorer le calendrier et la mise en œuvre des mesures de marché pour une meilleure réactivité aux évolutions du marché, d'abolir la taxe à la production de sucre à partir de 2015/2016, de proposer une clause de révision en 2018 afin d'analyser le marché européen et le marché mondial du sucre et de discuter de l'avenir de l'OCM sucre à cette date. Jorn Dalby a pris note avec satisfaction que durant la réunion du Conseil agriculture un certain nombre d' États membres « ont clairement soutenu la position de la CIBE » et a assuré que son organisation « va continuer à travailler afin que le Conseil tienne pleinement compte de notre position lors de la procédure législative dans les prochains mois ».

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