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Produits laitiers/UE Des États membres prônent une action communautaire face à la chute de prix du lait

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La baisse de la demande et la chute des prix des produits laitiers en Europe inquiète un certain nombre d’Etats membres et en particulier la Pologne. Cette dernière en a fait état lors du dernier Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE et a demandé à la Commission européenne de proposer des mesures de gestion du marché des produits laitiers, notamment la réintroduction des restitutions à l’exportation et la hausse des prix d’intervention du beurre et du lait écrémé en poudre. La Commission a répondu qu’elle prendrait des mesures « lorsqu’elle le jugera nécessaire ».

Lors du dernier Conseil agricole de l’UE, le 27 avril à Luxembourg, le ministre polonais de l’agriculture, Marek Sawicki, a informé ses homologues européens sur la passe difficile traversée actuellement par le marché du lait et des produits laitiers, et sur la nécessité pour la Commission européenne de prendre des mesures pour y remédier. S’il a reconnu que la hausse du prix des matières premières laitières observée en 2011 a conduit à une augmentation tant de la production que des ventes de lait et de produits laitiers, à la fois dans l’UE et en Pologne, le ministre polonais a toutefois rappelé que depuis le début de 2012, la baisse de la demande pour ces produits sur les marchés mondiaux est devenue de plus en plus marquée. Cela aurait eu pour conséquence, selon lui, « une diminution de 20 à 30 % des prix du marché des produits laitiers en Pologne entre janvier et avril 2012 ». Malgré une croissance soutenue dans la consommation de lait, a précisé Marek Sawicki, la demande intérieure de produits laitiers n’a pas été en mesure d’absorber les excédents qui se sont accumulés. Début avril 2012, ceux-ci ont été estimés en Pologne à environ 20 000 tonnes de lait en poudre, 10 000 tonnes de beurre et autour de 5 000 tonnes de fromages à maturation ainsi qu’à près de 3 000 tonnes de poudre de lactosérum. « Des volumes considérablement plus élevés que la moyenne pour cette période », a précisé le ministre polonais.
Rétablir les restitutions
Et ce ne serait pas seulement la Pologne qui serait affectée par le climat défavorable sur le marché des produits laitiers ; le ministre polonais en cite pour preuve le fait que les industriels laitiers de l’UE ont manifesté « un intérêt beaucoup plus grand qu’en 2011 en ce qui concerne l’aide au stockage privé pour le beurre », ce qui, à ses yeux, « montre qu’il y a des problèmes avec la vente des produits laitiers dans toute l’UE». Le responsable polonais assure en outre, qu’en dépit de l’ouverture du mécanisme d’aide au stockage privé, « les prix du beurre dans chacun des États membres de l’UE sont toujours en chute libre », ce qui, selon lui, « pourrait bientôt déboucher sur le lancement des achats à l’intervention » (1). La Pologne estime que le prix d’intervention actuel du beurre (221,75 euros les 100 kg, ndlr) est « trop faible pour modifier les conditions de production, ce qui pourrait faire obstacle à l’efficacité de l’intervention ». D’où la demande adressée à la Commission européenne d’adopter « dès que possible des mesures telles que la réintroduction des restitutions à l’exportation (suspendues depuis le 20 novembre 2009 par la Commission en raison de l’amélioration très sensible du marché mondial pour le lait et les produits laitiers) et, à terme, « de revoir à la hausse les prix d’intervention du beurre et du lait écrémé en poudre». La Pologne note également que les prix sont à la baisse non seulement sur le marché européen mais également sur le marché mondial et qu’une « réintroduction temporaire des restitutions à l’exportation permettrait aux opérateurs laitiers de surmonter les difficultés actuelles du marché, de stimuler la compétitivité des produits européens et de fait réduirait le risque lié à la nécessité de diminuer le prix à la production du lait ».

Pas de mesures nécessaires, pour l’instant...
Plusieurs États membres ont apporté leur soutien à la demande de la Pologne visant à engager des mesures destinées à faire face à la chute des prix sur le marché européen des produits laitiers. Il s’agit notamment de l’Espagne, de la Hongrie, du Portugal, de la Lituanie et de la Lettonie.
De son côté, la Commission européenne a répondu aux demandes des autorités polonaises qu’elle « est consciente de la situation actuelle du marché du lait et des produits laitiers en Europe» et qu’elle « suit attentivement l’évolution du marché de ces marchés ». Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, a même indiqué aux ministres européens que ses services sont « prêts à activer les mesures qui s’imposent mais seulement quand il estimera que cela est nécessaire ». « Ce qui n’est pas encore le cas à l’heure actuelle », a-t-il précisé.

(1) Selon les dernières statistiques publiées le 3 mai par la Commission européenne, 7.576 tonnes de beurre ont été offertes au stockage au 26 avril. Depuis l'ouverture du régime – le 1er mars 2012 – quelque 54 484 tonnes ont été présentées au stockage. A comparer aux 30.738 tonnes et aux 23 250 tonnes à la même période, respectivement en 2011 et en 2010.

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