La viande utilisée comme ingrédient dans des aliments transformés, comme les lasagnes, devrait être étiquetée en fonction du pays d'origine, comme c'est déjà le cas pour la viande bovine fraîche. C'est ce que réclament les membres de la commission de l'environnement et de la sécurité alimentaire du Parlement européen. Dans la résolution qu'ils viennent d’adopter, ces derniers demandent à la Commission européenne, qui a publié un rapport à ce sujet en décembre 2013, de présenter de nouvelles propositions législatives afin de rétablir la confiance des consommateurs après le scandale de la viande de cheval.
La résolution, adoptée le 21 janvier 2015 (48 voix pour, 15 contre et 4 abstentions) (1), demande fermement à la Commission européenne de donner une suite à son rapport de décembre 2013 (voir encadré) en présentant de nouvelles propositions législatives qui rendraient obligatoire l'indication du pays d'origine de la viande utilisée dans des aliments transformés. L'objectif est d'accroître la transparence tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et de mieux informer les consommateurs européens. Les membres de la commission de l'environnement de la santé publique et de la sécurité alimentaire mettent une nouvelle fois la pression sur l'Exécutif européen et rappellent que selon le rapport de la Commission européenne de décembre 2013, plus de 90 % des consommateurs interrogés estiment qu'il est important que l'étiquette des produits alimentaires transformés mentionne l'origine de la viande (2). Ils estiment qu'il s'agit de l'un des facteurs qui influencent le comportement des consommateurs. Les eurodéputés réaffirment leur inquiétude face aux conséquences possibles des fraudes alimentaires sur la sécurité alimentaire, sur la confiance et la santé des consommateurs, sur le fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, ainsi que sur le prix des produits agricoles.
CONSÉQUENCES SUR LES PRIX
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Les estimations des conséquences possibles sur les prix, basées sur les résultats de la recherche menée par l'association française de consommateurs « Que choisir », divergent fortement des résultats du rapport de décembre 2013 de la Commission européenne, soulignent les eurodéputés. Ils demandent donc des indications plus claires pour le prochain rapport. Ils considèrent que l'évaluation devrait être menée en coopération avec les organisations de consommateurs et ne devrait pas retarder les propositions législatives. Ces propositions, selon eux, devraient permettre aux entreprises européennes d'opérer de manière économiquement viable et dans des conditions compatibles avec le pouvoir d'achat des consommateurs.
La Commission européenne a publié, le 17 décembre 2013, un rapport sur la possibilité d'étendre l'étiquetage d'origine obligatoire à toutes les viandes utilisées comme ingrédient. Sur la base d'une étude extérieure achevée en juillet 2013, ce rapport mettait en balance la nécessité pour le consommateur d'être informé et la faisabilité de l'instauration de cet étiquetage obligatoire. Il contenait également une analyse coûts/avantages concernant, notamment, les conséquences qui en résulteraient pour le marché unique et le commerce international. Le rapport a évalué trois scénaris: 1) maintenir l'indication de l'origine sur une base volontaire (ce qui équivaut à un statu quo), 2) introduire l'obligation d'indiquer sur l'étiquetage que l'origine est a) UE/non UE ou b) UE/un pays tiers spécifique (par exemple, l'Argentine) et 3) introduire l'obligation d'indiquer spécifiquement sur l'étiquetage l'État membre ou le pays tiers d'origine. Sur la base des observations et commentaires que ce rapport devait alimenter au niveau européen, la Commission s'est donnée la possibilité, le cas échéant, de présenter une proposition législative en vue de réglementer l'origine de la viande utilisée comme ingrédient dans les aliments.
(2) En fonction de l'État membre concerné, 30 à 50 % du volume total de viande abattue est transformée en ingrédients carnés pour denrées alimentaires, essentiellement en viande hachée, préparations carnées et autres produits carnés.