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Institution/Santé Des eurodéputés plaident pour une interdiction progressive des acides gras trans industriels

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Au cours d'un atelier qui s'est tenu au Parlement européen, des eurodéputés ont demandé à la Commission de proposer une législation communautaire visant à limiter – dans un premier temps – à 2 % la teneur en acides gras trans (AGTs) dans les produits transformés par l'industrie alimentaire et à terme à les éliminer carrément comme cela s'est fait à peu de frais au Danemark. Une consommation journalière moyenne de 5 grammes de ces AGTs industriels est supposée augmenter le risque de maladie cardiaque de 25 %.

Chips, fast-foods, pizzas, margarines, barres chocolatées, viennoiseries, quiches... Les acides gras trans (AGTs) (1) sont présents dans de nombreux produits alimentaires transformés par l'industrie. Ils sont créés quand les huiles végétales sont partiellement hydrogénées afin d’apporter des propriétés physiques et chimiques qui sont intéressantes pour l'industrie alimentaire. L’objectif est de rendre les aliments plus fermes et plus stables, donc moins propices au rancissement. Or, plusieurs études scientifiques associent la consommation de ces AGTs à un risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète. Les participants à l'atelier sur les AGTs, organisé le 5 novembre au Parlement européen, l'ont une nouvelle fois souligné. Lors de la conclusion des débats, Valeriu Curtui, chef de l'unité « nutrition » au sein de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), a notamment recommandé que « l'absorption des acides gras trans soit réduite le plus possible sans toutefois que cela nuise à la pertinence de l'apport en nutriments essentiels ». Il a cependant reconnu que la consommation de AGTs a considérablement diminué durant ces dernières années grâce notamment à la reformulation des produits alimentaires. Il a même cité le cas de la France où l'absorption moyenne d'acides gras trans n'entrerait plus qu'à un niveau de 1 % dans la consommation totale d'énergie des adultes. La moyenne pour les quatre pays scandinaves (Danemark, Finlande, Suède et Norvège) aurait été ramenée quant à elle à moins de 0,5 % de la consommation totale d'énergie.

Etiquetage ou règlementation ? L'exemple édifiant du Danemark 
Le Danemark est le premier pays au monde à avoir introduit en 2004 une législation sur les AGTs industriels et leur interdiction en 2007 pour protéger la santé de ses citoyens. Les maladies cardiaques et les taux de mortalité ont baissé au Danemark et selon Soren Langkilde, conseiller au ministère danois de l'alimentation et de l'agriculture, un des orateurs officiels lors de cet atelier, cette interdiction aurait permis de sauver la vie d'environ un demi-millier de personnes par an sur une population de près de 5 millions. Quand l’interdiction est entrée en vigueur, les Danois n’ont pas pu distinguer la différence entre les produits alimentaires avant et après l’interdiction, ce qui démontre que les AGTs industriels peuvent être substitués et que des produits plus sains pour la santé des consommateurs peuvent être offerts. Selon Soren Langkilde, les stratégies législatives au Danemark ont mieux réussi que l’étiquetage ou l’éducation des consommateurs. L’introduction de lois au Danemark aurait pratiquement éliminé les AGTs industriels. Mieux : les subsitutions des AGTs industriels par d'autres d'autres produits gras se seraient passées sans trop de difficulté et il n'y aurait eu ni augmentation des prix des produits alimentaires ni rupture dans la disponibilité des produits. Dans la plupart des Etats membres de l'UE, les dirigeants européens comptent sur leurs propres producteurs de denrées alimentaires afin de réduire volontairement les quantités d'acides gras trans industriels dans les aliments, avec des résultats on ne peut plus variables. Et ces mêmes dirigeants prient le ciel pour qu'il n'y ait pas d'AGTs camouflés dans les produits d'importations...Pour le conseiller danois, ce ne sont ni la bonne volonté des industriels ni un système d'étiquetage qui seraient pas la bonne méthode pour éliminer les AGTs industriels. A ses yeux, seule une législation en bonne et due forme serait la réponse adéquate aux risques pour la santé associés à la présence d'AGTs dans les aliments. D'autant plus, souligne-t-il, comme l'a montré l'exemple danois, « une législation sur les AGTs industriels est technologiquement faisable, les coûts pour l'industrie sont pratiquement insignifiants, que les prix pour les consommateurs n'ont pas augmenté et que les produits auxquels sont habitués les consommateurs sont toujours disponibles dans les rayons ».
 
(1) Les AGTs baissent le cholestérol des lipoprotéines de haute densité (HDL) dit « le bon cholestérol» et haussent le ratio du cholestérol des lipoprotéines de basse densité (LDL) dit « le mauvais cholestérol».

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