Des députés européens membres de la commission de l’environnement et de la sécurité alimentaire ont demandé à la Commission européenne de proposer des limites obligatoires relatives aux acides gras trans industriels (AGT), soupçonnés de contribuer à l’augmentation d’un grand nombre de maladies comme par exemple les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou encore la maladie d’Alzeimer.
Dans la résolution qu’ils ont adoptée le 30 septembre, les membres de la commission de l’environnement et de la sécurité alimentaire du Parlement européen soulignent que la majorité de la population de l’Union manque d’information sur les acides gras trans industriels (AGT) et leurs conséquences sur la santé. Ils se disent préoccupés par le fait que les citoyens ayant un niveau d’éducation et un statut socio-économique faibles continuent de consommer des aliments ayant une teneur élevée en AGT. Selon les experts, il existe deux catégories d’acides gras trans (AGT). Ceux qui sont naturellement présents dans les aliments dérivés de ruminants (comme les produits laitiers et la viande), dans certaines plantes et produits d’origine végétale (poireaux, pois, laitue, huile de colza). Ceux-ci, d’après les médecins, ne posent pas de problème, ce qui n’est pas le cas des AGT d’origine industrielle. C’est cette seconde catégorie, utilisée le plus souvent pour la friture et la cuisson au four et dans les aliments transformés pour en prolonger la durée de conservation qui est dans le collimateur des eurodéputés. Il s’agit d’huiles végétales partiellement hydrogénées de production industrielle, que l’on retrouve dans des produits aussi variés que les plats-minute, les glaces, les viennoiseries, les pizzas surgelées ou encore les margarines. Les preuves s’accumulent pour dénoncer leur impact négatif sur la santé : facteur d’augmentation du mauvais cholestérol, risque accru de développer une maladie cardiovasculaire, infertilité, une endométriose, calculs biliaires, maladie d’Alzheimer, certains cancers et problèmes d’obésité. Plus grave : une consommation élevée d’AGT est notamment l’un des facteurs de risque pouvant conduire à une maladie coronarienne, une affection responsable de près de 660 000 décès par an dans l’Union, selon une estimation prudente, soit 14 % de la mortalité totale. L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) recommande que la consommation d’AGT soit « aussi faible que possible dans le cadre d’un régime alimentaire approprié sur le plan nutritionnel ». L’OMS recommande plus spécifiquement « de ne pas consommer plus d’1 % de l’apport énergétique journalier sous forme d’AGT ».
Pour une harmonisation des règles au niveau européen
Les eurodéputés rappellent que l’Autriche, le Danemark, la Lettonie et la Hongrie ont déjà mis en place une législation qui limite la teneur en AGT des denrées alimentaires alors que la plupart des autres États membres de l’UE a opté pour des mesures volontaires, comme l’auto-réglementation, la recommandation nutritionnelle ou des critères de composition pour des produits spécifiques traditionnels. Ils font observer aussi qu’il existe des données prouvant que la mise en place par le Danemark, en 2013, de limites légales relatives à la teneur en AGT d’origine industrielle, limitant à 2 % la teneur en AGT des huiles et des matières grasses au niveau national, a été couronnée de succès et a permis la diminution du nombre de décès causés par des maladies cardiovasculaires. Les eurodéputés soulignent que dans le cadre des règles actuelles de l’Union, les consommateurs ont du mal à comprendre la différence entre les huiles partiellement hydrogénées (contenant entre autres des AGT) et les huiles complètement hydrogénées (contenant uniquement des acides gras saturés, mais pas d’AGT), étant donné que le règlement 1169/2011 (sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, ndlr) prévoit la mention de ce type d’informations dans la liste des ingrédients des denrées alimentaires préemballées. Ils déplorent l’absence d’une approche harmonisée en la matière au niveau de l’UE et soulignent que les mesures individuelles des États membres créent une mosaïque de réglementations qui pourraient avoir des effets différents sur la santé d’un État membre à l’autre et, qui plus est, est susceptible d’entraver le bon fonctionnement du marché unique. Ils estiment donc nécessaire que des mesures au niveau de l’Union soient adoptées pour réduire de manière considérable la consommation d’AGT par la population. Les eurodéputés invitent donc la Commission européenne à proposer dès que possible des limites obligatoires relatives aux AGT industriels afin de réduire leur consommation dans l’ensemble de la population.
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Une huile réutilisable et qui ne coûte pas cher
Les acides gras trans (AGT) sont des acides gras insaturés qui sont présents dans les aliments dérivés de ruminants comme les produits laitiers et la viande et dans les huiles végétales partiellement hydrogénées de production industrielle (huiles végétales transformées en y ajoutant des atomes d’hydrogène et qui sont utilisées pour la friture et la cuisson au four et dans les aliments transformés pour en prolonger la durée de conservation). De nombreux restaurants et établissements de restauration rapide utilisent des AGT pour frire les aliments car les AGT ne coûtent pas cher et peuvent être utilisés plusieurs fois dans les friteuses industrielles.