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AESA Des eurodéputés s'interrogent sur l'indépendance des avis scientifiques

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Quelle est la part des représentants de l'industrie dans les différents panels de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA)? Comment faites-vous face aux pressions de l'industrie et des lobbies ? Y-a-t-il des experts de l'AESA qui ont encore des liens avec l'industrie pour laquelle ils font des rapports ? C'est à un véritable tir croisé qu'a été soumise Catherine Geslain-Lanéelle de la part des membres de la commission de l'environnement et de la sécurité alimentaire du Parlement européen. La Directrice exécutive de l'AESA était innocemment venue présenter aux députés européens le programme de l'AESA pour l'année 2007.

Dès le début des questions parlementaires, Dagmar Roth-Behrendt, socialiste allemande, a indiqué qu'avec l'AESA « il y a un déficit de communication ainsi qu'un problème d'indépendance et d'intégrité ». Sans les citer, la députée faisait certainement référence aux informations divulguées par certaines ONG faisant état de la « légèreté » avec laquelle certains membres des panels scientifiques de l'AESA remplissaient la partie de leurs curriculum vitae concernant leurs liens éventuels avec l'industrie ou d'autres parties intéressées aux avis scientifiques Certaines réponses des membres des panels scientifiques de l'AESA, rapportées et dénonçées par des ONG, se résumaient – en deux ou trois lignes – à plus ou moins ceci : « Non je n'ai plus de lien précis avec telle ou telle industrie pour laquelle j'ai fait dans le passé tel ou tel rapport concernant tel ou tel thème »…. et leur indépendance vis-à-vis de ces entités. « Ce qui s’est passé est passé et ceci ne doit plus se reproduire », a souligné Mme Roth-Behrendt.

Se défendant de ces accusations, Catherine Geslain-Lanéelle, a indiqué que « l’indépendance de l'AESA quant à ses avis scientifiques est au cœur de notre travail ». Se voulant rassurante, elle a souligné que son institution « va adopter une démarche rigoureuse pour protéger notre intégrité. Les 21 membres du conseil d'administration de l'Autorité européenne ont chacun le même poids et l’avis des minorités n'est pas escamoté. Nous tentons d'assurer un équilibre de tout le processus de délivrance des avis ». Pour ceux qui douteraient encore, la directrice exécutive de l’AESA a rappelé qu'elle a « révisé à fond le système en place pour assurer la transparence des déclarations d'intérêt des membres de l’AESA». Elle a notamment annoncé qu'elle a mis en place un certain nombre de procédures qui font « que si nous identifions une probabilité d'un conflit d'intérêts on exclut le ou les scientifiques concernés des réunions de préparation de nos avis ». Afin de consolider ces procédures, la directrice de l'AESA compte demander désormais des déclarations d'intérêts « les plus détaillées et les plus complètes possible ». Mieux, Catherine-Geslain Lanéelle pense même qu'il faudrait « ouvrir les registres de l’AESA afin de permettre au public d'avoir un œil sur la gestion des déclarations d'intérêts des scientifiques qui travaillent avec nous ». Elle a assuré que d'ici l'été prochain l'AESA va préparer « une procédure ouverte et transparente à ce sujet ».

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Programme de travail 2007

Après la salve des questions parlementaires sur l'indépendance des avis de l’AESA, la directrice exécutive s'est attachée à présenter plus sereinement le programme de travail de son institution pour l'année 2007. « Nous sommes une institution en cours de croissance et à un stade crucial dans son évolution », a-t-elle rappelé. En résumé, elle a indiqué qu'en 2007 l'AESA allait consolider ses activités sur la nutrition et les maladies. L'Autorité dispose d'un mandat de la Commission pour élaborer un document d’orientation sur les profils nutritionnels et un des panels de l'AESA a déjà entamé ses travaux sur ces profils. « Grâce à ce document l'industrie sera en mesure de savoir exactement quelles informations sont nécessaires pour présenter des dossiers en cette matière », a expliqué Catherine Geslain. Elle a précisé qu'à cet effet l'AESA comptait doubler en 2007 l’équipe qui travaille sur les profils nutritionnels.

L'AESA s’occupera également au cours de cette année des nanoparticules dans les aliments. Enfin sa directrice a indiqué qu’elle allait consolider l’organisation de l'AESA en recrutant du personnel de haute qualification et qu'elle s'efforcera « de mieux faire connaître l'AESA, d'éviter les doublons et d’améliorer la communication des risques dans la clarté et la cohérence ».