Abonné

EXPÉRIENCE/RELOCALISATION Des expériences très diverses en Midi-Pyrénées

- - 5 min

Le comité régional de l'alimentation de Toulouse a mis en lumière, mi-juin, les différents aspects pratiques des démarches de relocalisation des approvisionnements. Lesquelles dépassent les 240, rien qu'en Midi-Pyrénées

Le comité régional de l'alimentation organisé à la mi-juin par la préfecture de région à Toulouse sur le thème des projets alimentaires territoriaux, a permis de mettre en lumière d'autres expériences du type de la clinique Pasteur, comme celle, à plus petite échelle, de la mairie de Pamiers en ariège. Depuis longtemps engagée dans ce mouvement de relocalisation des approvisionnements, cette démarche a suscité la création d'une plateforme de centralisation par la chambre d'agriculture pour que les petits producteurs aient accès aux marchés des collectivités locales. « Nous nous sommes engagés dès le début des années 2000 dans ce projet, c'était pour nous une volonté forte de la municipalité d'offrir le meilleur à nos enfants dans nos cantines. Aujourd'hui, tous les repas que nous servons viennent de productions locales et en grande partie bio », détaille Claude Deymier, adjoint au maire de Pamiers en charge de cette question. « Le seul regret que nous pouvons encore avoir, c'est que la plateforme créée par la chambre d'agriculture ne serve pas plus aux autres collectivités du département. Il y a des résistances. Et c'est dommage, parce que cela permettrait de pérenniser des exploitations agricoles à proximité. » Ce n'est d'ailleurs pas fortuit si les deux expériences, la mairie de Pamiers et la clinique Pasteur se ressemblent et soient allées si loin. L'ancien directeur de la clinique Saint-Pierre, à l'origine de l'impulsion initiale de l'établissement hospitalier, n'est autre que le frère de Claude Deymier…Le facteur humain dans le développement de ce type de projet n'est donc pas neutre.

CONDITIONS DE LA RÉUSSITE

Plusieurs autres thèmes furent abordés lors de cette conférence du comité régional de l'alimentation, comme la question sensible des appels d'offre qu'il convient de savoir rédiger pour favoriser les approvisionnements locaux sans déroger à la loi, et la question complexe de l'identification des producteurs. L'irqualim, un institut régional œuvrant, entre autres, au développement des signes officiels de qualité, a créé un site internet pour recenser les entreprises de la région prêtes à travailler avec la restauration collective (http: //www.offrealimentairemidipyrenees.com/). il fut aussi question des systèmes alimentaires territoriaux ou des « projets alimentaires territoriaux » au travers de plusieurs expériences menées notamment dans les Causses, en Languedoc, avec la création d'une filière farine locale autour de la restauration d'un moulin dans un village… invitée à cadrer la journée, la sociologue Muriel Gineste a mené un recensement des projets entrepris en Midi-Pyrénées pour en trouver 241 au final ! Des actions très diverses sous des thématiques différentes, allant de la restauration collective à la formalisation de circuits courts, en passant par la transformation locale des produits, les jardins collectifs… Ce qui, au terme de l'enquête, lui a permis de poser quelques règles pouvant présider à la réussite de telles ambitions : la construction d'un collectif solide, une vision du projet partagée par les différents acteurs, un soin particulier apporté à une étude de faisabilité, la construc-tion du projet en mode « fusée », c'est-à-dire étage par étage, une bonne animation, la définition précise des métiers et des compétences de chaque maillon, l'implication des consommateurs finaux dans le développement et enfin la capitalisation et le partage des retours d'expérience. Ne reste plus qu'à essaimer ce type de démarches sur l'ensemble du territoire où de gros efforts restent encore à faire.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pyrénées
Suivi
Suivre
chambre d'agriculture
Suivi
Suivre
CENT PROJETS TERRITORIAUX À LA LOUPE

Une étude, sans vocation exhaustive, menée récemment pour l'association Résolis, liste dans sa revue du mois de mars 2015, cent projets relevant de ces systèmes d'alimentation territoriaux pour une alimentation responsable et durable. Il en ressort une répartition très inégale sur l'ensemble du territoire. Ainsi, aucun système de ce type n'a été repéré dans le grand Est (Alsace, Champagne Ardenne, Lorraine) ni en Basse Normandie ou en Limousin, alors que la région Rhône-Alpes en compte 26, l'île de France 10, Bretagne, Languedoc-Roussillon et PACA respectivement 9, 10 et 8. Et ce sont les producteurs agricoles qui sont le plus souvent à l'origine des projets (38 %) contre 25 % pour les producteurs de services, 18 % les distributeurs… Cette étude montre également que 47 % des initiatives utilisent l'agriculture biologique comme levier principal. Pointue, l'étude permet de prendre conscience de la grande variété de modèles qu'il serait possible de déployer localement et met en exergue les externalités positives de ces systèmes pour corriger, autant que faire se peut par la citoyenneté, les externalités négatives du système alimentaire mondial.

(http: //resolis.org)