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Production porcine Des exploitations noyées sous les emprunts

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Déjà très endettées avant la crise financière internationale, les exploitations porcines attendent la reprises des cours avec impatience. Les éleveurs perdent encore aujourd’hui 25 cts par kilo de carcasse vendu. Si une embellie ne vient pas rapidement soulager les trésoreries, certains producteurs pourraient rapidement mettre la clef sous la porte.

Le revenu des éleveurs de porcs devrait connaître une chute de 70% en 2008 par rapport à l’année précédente d’après l’Institut du porc (IFIP). Il avait déjà connu une baisse de 60% en 2007. Le revenu moyen des éleveurs de porcs se situe à 22 000 euros par an. Il était de 17 000 euros en 2007 et serait de 5 000 euros en 2008. À l’heure actuelle le coût de revient du porc – c’est-à-dire le prix d’équilibre qui permet à l’éleveur de couvrir ses charges de production, son salaire et le remboursement de ses emprunts – se situe à 1,50€ /Kg de carcasse. Avec un cours sur le marché du porc breton (MPB) à 1,08, le prix payé aux producteurs une fois les primes (qualité…) ajoutées atteint 1,25€ . Les éleveurs perdent donc 25 cts par kilo de porc produit. Au plus fort de la crise en 2008, les éleveurs perdaient jusqu’à 35 cts. En moyenne, sur l’année 2008, ce déficit pourrait s’élever à 15 cts par Kg.

Un taux d’endettement qui ne cesse de grimper

Le taux d’endettement au premier semestre 2007 était de 67%, il est passé à 74% au premier semestre 2008. 15 à 20% des éleveurs seront endettés à 100% en 2008 estimait Georges Douguet, économiste au CER (centre de gestion et d’économie rurale) de Côtes d’Armor au mois de novembre. « Les éleveurs de porc sont généralement endettés entre 60 et 70 %, précise Michel Rieu, responsable du département économie de l’Institut du porc (IFIP), au-delà cela devient anormal et traduit une situation de crise dans le secteur ». « Il y a donc urgence à en sortir », s’inquiète le président de la Fédération nationale porcine (FNP), Jean-Michel Serres. Les éleveurs de porcs ne pourront pas bénéficier des mesures d’aide à la trésorerie annoncées le 12 novembre par le ministre de l’Agriculture. Car, explique Jean-Michel Serres, « ils ont déjà profité d’une caisse d’avance de trésorerie de 100 millions d’euros début 2008. De plus, individuellement, les exploitants ont sollicité des prêts à court terme auprès de leurs banquiers pour subvenir aux besoins immédiats de leurs entreprises ».

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Des bénéfices à la fin du premier semestre

Les éleveurs sont à bout et la prochaine étape pour les plus endettés risque d’être le dépôt de bilan. L’embellie tant annoncée ne doit plus tarder. D’après les experts de l’IFIP, la baisse des charges (prix de l’aliment, de l’énergie…) devrait se poursuivre au moins jusqu’à l’été. Ils estiment que le coût de production du Kg de carcasse s’établira entre 1,35€ et 1,40€ à la fin du premier semestre. Le prix payé au producteur pourrait alors atteindre 1,70€ . Reste à espérer que cette situation perdure. Durant l’été 2008 déjà les éleveurs avaient commencé à refaire des bénéfices, mais la crise financière a de nouveau fait plonger les cours.