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Trois questions à Bernard Artigue, président de Bienvenue à la ferme « Des exploitations se spécialisent dans l’agrotourisme »

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Alors que le secteur du tourisme a plutôt souffert de la crise en 2009, les hébergements à la ferme ont progressé. Un complément de revenus non négligeable alors que les prix agricoles chutaient. Selon Bernard Artigue, président du réseau Bienvenue à la ferme, les exploitations agricoles qui se diversifient dans l’accueil se professionnalisent de plus en plus. L’agrotourisme devient le centre de l’activité de certaines exploitations.

La crise économique a-t-elle un impact sur le tourisme à la ferme en terme de fréquentation ? Les clients ont-ils modifié leur mode de consommation ?

Bernard Artigue : Il est encore un peu tôt pour tirer un bilan de la saison 2010, mais il semble que cela parte bien. En 2009 le tourisme à la ferme a bien résisté à la crise par rapport au tourisme traditionnel. La baisse de fréquentation générale enregistrée l’an dernier dans le secteur ne s’est pas traduite chez nous. Au contraire le nombre de réservations a même augmenté. Notre offre s’est trouvée en meilleure adéquation avec les attentes des consommateurs qui voulaient partir moins loin pour moins cher. On remarque quand même que les réservations se font de plus en plus tardivement dans la saison. Le comportement des consommateurs change mais c’est aussi lié à au développement d’Internet.

Quelle part du chiffre d’affaires des exploitations agricoles le tourisme rural représente-t-il ?

Il est difficile d’avancer des chiffres car c’est très variable selon les exploitations. Ce qu’on peut dire, c’est qu’au départ, l’activité d’accueil à la ferme était très marginale dans le résultat des exploitations agricoles. Mais aujourd’hui on constate une professionnalisation des agriculteurs dans ce secteur. On a donc tendance à voir des exploitations qui se spécialisent dans l’agrotourisme. L’hébergement, la restauration ou encore l’animation ne s’improvisent pas. Dans ces fermes, le tourisme devient le centre de l’activité de l’exploitation qui tire ses revenus de l’hébergement, de la restauration ou de la vente des produits de la ferme.

Le réseau Bienvenue à la ferme vient de dépasser la barre des 6 000 adhérents. Ce chiffre paraît encore faible au regard du nombre d’exploitations agricoles en France. Quels sont les freins qui empêchent les agriculteurs de se lancer ?

Tout d’abord, le nombre d’agriculteurs qui font de l’accueil sur leur ferme augmente alors que le nombre d’exploitation en France diminue. C’est donc la preuve que ce type de démarche progresse. Il y a encore un vrai potentiel de développement. Nous allons lancer cet automne une réflexion stratégique pour redéfinir l’offre que nous proposons. L’objectif n’est pas de se développer à tout prix. Il faut apporter de la valeur ajoutée pour le producteur et le consommateur, afin que l’activité soit durable. En développant des produits bien identifiés nous espérons attirer de nouveaux consommateurs et ainsi convaincre de nouveaux agriculteurs de se diversifier dans l’agrotourisme.

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