Innover jusque dans les produits alimentaires traditionnels, tel est le but poursuivi par le groupement européen d’intérêt économique TRUEfood qui vient de tenir sa deuxième assemblée générale à Paris. TRUEfood –Traditional United Europe Food – est un programme de recherche d’un montant de 23,1 M EUR mené au bénéfice des PME alimentaires européennes de moins de 250 salariés et dont l’objectif majeur consiste à développer de nouvelles technologies pour améliorer les standards de qualité et de sécurité des produits alimentaires traditionnels.
Composée à 98 % de PME, qui n’ont pas toujours les moyens d’investir en recherche et en développement, l’industrie alimentaire européenne a besoin d’être soutenue sur ce plan pour rester, demain, compétitive, a indiqué le 5 juin à Paris Daniele Rossi, le directeur de la fédération italienne de l’industrie alimentaire et coordinateur de TRUEfood. Le président de la commission recherche de l’Ania, Yves Bayon de Noyer, a expliqué pour sa part les efforts qui seront faits pour informer les entreprises de moins de 250 salariés des retombées de ce programme mis en place spécialement pour elles dans 17 pays de l’Union européenne.
Lancé en mai 2006 pour une durée de 4 ans, le programme TRUEfood représentera un budget de 23,1 millions d’euros, dont 15,5 M EUR cofinancés par la Communauté européenne. Il implique d’ores et déjà les industries alimentaires des 17 pays concernés à travers un consortium, SPES GEIE (Groupe européen d’intérêt économique) qui réunit 12 fédérations européennes de l’industrie alimentaire avec pour chef de file la fédération italienne.
TRUEfood s’est défini dès le départ comme un programme de recherche destiné à répondre aux attentes du consommateur. Dans sa phase initiale, le programme TRUEfood s’est attaché à dégager le profil du consommateur européen en analysant ses perceptions et ses attentes vis-à-vis des aliments traditionnels. Et cela, pour identifier les innovations qui, demain, y répondraient le mieux. Le résultat de cette étude préliminaire montre que ce consommateur plébiscite toujours autant les produits traditionnels mais dans le même temps, qu’il apprécie de plus en plus une innovation capable de lui assurer des produits sûrs, avec une exigence forte en terme de qualité sensorielle.
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Huit groupes de travail
Pour la seconde phase du programme, qui vient de démarrer, huit groupes de travail se sont mis en place et vont s’attacher à développer de nouvelles technologies et de nouveaux produits, notamment sur les thèmes suivants : améliorer la qualité nutritionnelle (action sur l’alimentation et la traite des vaches laitières, réduction du sel dans les jambons, par exemple), améliorer la sécurité microbiologique (sélection des consortia microbiens pour la maturation des fromages et viandes), élaborer des emballages innovants et de systèmes de gestion de la sécurité pour limiter les contaminations chimiques, innover en techniques de cultures végétales avec moins de fertilisants et pesticides et de plus hautes teneurs en antioxydants et vitamines, améliorer les techniques marketing et la chaîne de distribution, etc.
Pour que les PME profitent de ces premiers résultats et les intègrent dans leurs innovations, ce sont les fédérations, en particulier l’Ania en France, qui vont prendre le relais. En organisant, dès le mois de novembre, des formations et des outils d’information (un site internet dédié au programme et réservé aux PME sera créé par l’Ania), les fédérations contribueront ainsi aux transferts de technologie des instituts de recherche vers les entreprises. Elles devraient toucher environ 7000 entreprises sur les 35 000 PME que compte l’industrie alimentaire en Europe.