Dans une étude portant sur des pommes modifiées par les nouvelles biotechnologies (NBT) ou par transgénèse (OGM), des chercheurs de l’Inrae constatent un rejet persistant des deux techniques chez les Français.
Des chercheurs de l’Inrae viennent de diffuser les résultats d’une étude se penchant sur la disposition à payer (DAP) des consommateurs français et américains pour de nouvelles variétés de pommes génétiquement éditées par rapport aux variétés conventionnelles. L’expérience s’est déroulée en France en décembre 2019 et dans le Midwest américain en mars 2020. Deux variétés de pommes ont été présentées : une conventionnelle (sujette au brunissement) et une variété nouvelle (résistante au brunissement) obtenue par trois techniques différentes (l’hybridation traditionnelle, l’édition génomique, la technique des OGM). À l’époque, la production et la vente de pommes issues de la cisgénèse étaient autorisées aux États-Unis (pommes Arctic), mais pas en France (c’est toujours le cas). Leur disponibilité demeurait extrêmement limitée aux États-Unis. « Malgré les biais potentiels, l’expérience en laboratoire permet d’obtenir ces dispositions à payer auprès de consommateurs informés, avec un contrôle précis des informations qui leur sont révélées », expliquent les chercheurs.
Une information détaillée diminuerait la méfiance
Les participants ont reçu successivement différentes informations concernant les deux variétés (cinq messages au total) et leur DAP a été recueillie après chaque message. Une liste de prix multiples a été utilisée pour chaque variété, variant de 1,60 € à 3,30 € pour un kilo de pommes en France et de 0,70 dollar à 2,40 dollars pour une livre aux États-Unis. Les chercheurs ont relevé de fortes variations dans la disposition à payer pour la nouvelle variété au fur et à mesure de la diffusion des informations. A contrario, celles exprimées aux États-Unis et en France pour la variété conventionnelle sont similaires et très stables d’un tour à l’autre. « La révélation d’information sur les variétés génétiquement éditées ou issues d’OGM induit une diminution significative de la DAP des consommateurs, notent les chercheurs. L’ampleur de cette diminution est plus forte en France qu’aux États-Unis ».
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La baisse la plus forte est observée à la suite du message sur les OGM, « ce qui confirme la forte aversion des Français pour ceux-ci », relève l’étude. Ils se sont également montrés davantage inquiets par la révélation de messages concis relatifs aux biotechnologies. « L’aversion des consommateurs français pour les variétés éditées génétiquement et OGM se réduit lorsqu’ils reçoivent des informations détaillées sur les technologies, mais pas suffisamment pour compenser totalement, concluent les chercheurs. Ces résultats suggèrent l’importance des politiques d’information scientifique si l’on veut rendre les consommateurs plus confiants à l’égard de ces innovations, y compris celles issues des biotechnologies ».