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Politiques publiques Des indicateurs environnementaux pour dépoussiérer le PIB

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Le 2 avril, le Sénat a adopté le projet de loi visant à la prise en compte de nouveaux indicateurs de richesse dans la définition des politiques publiques. Des indicateurs de préservation de l'environnement pourraient se tenir aux côtés du bon vieux Produit intérieur brut.

« Le Sénat a définitivement adopté la proposition de loi visant à la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse dans la définition des politiques publiques », selon un communiqué de presse du Sénat, le 2 avril. Cette proposition émane du rapport du sénateur Antoine Lefèvre (UMP) au nom de la commission des finances. Le produit intérieur brut (PIB) va avoir de la compagnie, car l'objectif est de « déplacer le centre de gravité de l'appareil statistique d'un système de mesure privilégiant la production à un système orienté sur la mesure du bien-être des générations actuelles et à venir ». Autrement dit, l'indicateur de croissance de la production sera accompagné d'indicateurs de bien-être, de développement durable… pour l'élaboration et le suivi des politiques publiques. Ainsi, le gouvernement devra remettre annuellement au Parlement un rapport « présentant l'évolution, sur les années passées, de nouveaux indicateurs ». Ces derniers pourraient être des indicateurs de développement durable, de bien-être ou encore de préservation de l'environnement. Dans un communiqué de presse du 2 avril, les Verts (EELV) ont affirmé que « ces nouveaux outils de mesure permettront de contribuer à mieux définir et évaluer la qualité de vie, le bien-être et la cause environnementale ».

Le PIB, seul, prenait la poussière

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« On critique le PIB, devenu l'étalon de la vie économique ; il serait toutefois vain de prétendre le remplacer par un nouvel indice synthétique », a dit le secrétaire d'Etat chargé du budget Christian Eckert. « En revanche, comme le suggère cette proposition de loi, il est utile de le compléter pour éclairer tel ou tel aspect de la vie sociale ». Du côté des économistes, le PIB n'est pas adapté, du moins pour mesurer le bonheur des populations. « On ne saurait trop rappeler aux décideurs publics que la nuance subtile entre croissance du PIB et progression du bien-être ne date pas d'hier », écrit Besançon Yves, professeur de Sciences économiques et sociales au lycée Edouard-Belin à Vesoul (70) dans son ouvrage L'hégémonie anachronique du PIB. Le professeur Besançon Yves souligne dans son livre « les limites conceptuelles et méthodologiques du PIB comme agrégat de mesure du bonheur dans nos sociétés d'opulence ». Il relève aussi la contradiction de la place importante qu'il occupe dans le discours politique et la conduite de la politique économique. Le Parlement semble vouloir mettre fin à cette contradiction, à suivre.