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Des industriels européens plaident pour des mesures spécifiques sur les aliments de base

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Le 14 septembre dernier à Bruxelles s’est tenue l’assemblée générale de la plateforme « European Basic Foods », un nouveau groupe de pression créé début 2007 et qui a pour mission de défendre les intérêts du secteur des produits alimentaires de base . Message central de cette réunion : convaincre les autorités européennes de la nécessité de reconnaître les spécificités des aliments de première transformation dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé.

Lors de cette première assemblée générale ordinaire, la vingtaine de participants a fait le point sur les dernières activités de la Plateforme « European Basic Foods » (activités de son groupe scientifique, rappel de ses prises de position récentes sur les projets de réglementation nutritionnelle européenne, résultats de son lobbying auprès des fonctionnaires européens et auprès des autres parties intéressées) et évoqué les prochaines actions à conduire d’ici la fin de l’année. Les participants ont également pu discuter à bâtons rompus avec Christophe Didion, administrateur européen à la DG Sanco, sur divers aspects techniques des projets de réglementation de Bruxelles tels que « les profils nutritionnels » ou les allégations nutritionnelles liées aux acides gras, ou encore l’évolution de l’étiquetage nutritionnel.

« Pas de profils nutritionnels pour les aliments de base »

Pour la plate-forme « EU Basic Foods » les aliments de base doivent être dispensés des dispositions prévues en matière de profils nutritionnels pour la bonne raison que « les aliments de base étant directement issus de la nature, leur composition ne peut être modifiée pour satisfaire aux critères des profils nutritionnels » Le Règlement 1924/2006 définit le concept de « profil nutritionnel » comme un ensemble de critères permettant de déterminer si un aliment peut porter des allégations: seuls les aliments correspondant à des profils spécifiques pourront porter des allégations. Ces profils seront établis sur la base de facteurs tels que la teneur en lipides, graisses saturées, acides gras trans, sucres et sels d’un aliment.. A ses yeux, la mise en oeuvre des profils nutritionnels pour les aliments de base risquerait de limiter ou d’empêcher de facto l’utilisation par ses adhérents d’allégations nutritionnelles et de santé. Exemple : l’huile d’olive ne pourrait pas porter d’allégation sur les effets des acides gras mono-insaturés; idem pour le fromage qui ne pourrait pas en faire de même sur les effets du calcium. Une situation qui reviendrait à un « traitement inégal des aliments de base par rapport aux aliments de seconde », dixit le groupe de pression.

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Adapter la liste des allégations nutritionnelles

Les conditions d’utilisation des allégations nutritionnelles liées aux acides gras qui ne sont pas encore inclues dans l’Annexe du Règlement 1924/2006 («Teneur élevée en oméga 3», par exemple) devraient permettre aux principales sources alimentaires de chaque acide gras de porter les allégations ad hoc. La plate-forme cite l’exemple de l’huile d’olive qui devrait être autorisée à afficher l’allégation « Riche en lipides mono-insaturés » et l’huile de tournesol l’allégation « Riche en lipides polyinsaturés ». Idem pour l’allégation « Source de protéines » ou « Riche en protéines » qui devrait être autorisée conformément aux normes du Codex Alimentarius.

Plus de flexibilité dans l’étiquetage nutritionnel

Saluant l’intention de l’UE de réviser la Directive 90/496 sur l’étiquetage nutritionnel, la Plateforme estime que le système actuel est « trop complexe et obscur pour les consommateurs » et qu’il n’est pas adapté aux aliments simples tels que les aliments « mono-ingrédients ». L’étiquetage nutritionnel devrait être « aussi clair et simple que possible et mettre en évidence l’information la plus importante pour aider le consommateur à choisir ». Il doit également être positif « car les consommateurs sont davantage réceptifs aux messages positifs qu’aux messages négatifs ». Pour ce faire, le lobby agroalimentaire suggère plus de souplesse dans l’étiquetage nutritionnel des aliments de base « afin d’éviter des répétitions inutiles sur l’absence de nutriments dans un aliment et de fournir au consommateur une information claire et pertinente ».