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Élevage laitier Des leviers pour conjuguer économie et environnement

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L’étude Dairyman, réalisée dans 7 pays du nord-ouest de l’Europe, montre que les performances environnementales des élevages laitiers vont de pair avec leurs résultats économiques. Ecologie et production sont donc plus complémentaires qu’opposés avec une bonne maîtrise technique. Si de gros progrès ont déjà été réalisés en Europe, d’importantes marges de manœuvres existent.

L’élevage laitier peut être une solution pour l’environnement, et l’environnement peut être une solution pour l’élevage laitier. Voilà la conclusion du projet Dairyman, qui a fait l’objet d’un colloque organisé par l’Institut de l’élevage, mardi 15 octobre, à Paris. Le projet Dairyman est une étude concernant 10 régions dans 7 pays (Allemagne, Pays-Bas, Irlande du Nord, Irlande du Sud, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg, France) du nord-ouest de l’Europe sur la durabilité environnementale des élevages laitiers. Elle a été financée pour moitié par le fond européen de développement régional (Feder).
Le projet Dairyman vise à aider les éleveurs à combiner productivité et performances environnementales. Un enjeu majeur, puisque l’Europe s’est fixé un objectif de réduction des émissions de 36% en 2030, alors que la France, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, prévoit de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050. En France, l’élevage laitier contribue à hauteur de 6% aux GES, dont la moitié est due à la fermentation gastrique des ruminants.
L’étude a pris en compte les émissions d’azote, de gaz à effet de serre, l’impact sur la biodiversité mais aussi les résultats économiques des exploitations. Elle note que de gros progrès ont été réalisés depuis le début des années 90, avec une baisse des émissions de GES de 15 à 25% et une diminution de moitié des excédents d’azote en Bretagne.
Elle montre également une diversité importante de l’impact des exploitations pour une même production laitière par hectare, en fonction des pratiques d’élevage. Mais d’importantes marges de manœuvre existent encore, et tous les systèmes peuvent tirer leur épingle du jeu : intensifs comme extensifs sont capables d’avoir de bonnes performances environnementales.
 
Améliorer les performances techniques
« Les exploitations les plus performantes sur le plan technique, qui enregistrent de faibles impacts environnementaux, ont les meilleurs résultats économiques. À l’inverse, les exploitations non optimisées d’un point de vue technique et environnemental, qui ont recours de façon importante aux intrants (engrais, aliments, énergies directes), possèdent des coûts de production plus élevés », indique l’étude.
« L’empreinte carbone intègre l’alimentation du bétail, les intrants, l’engrais. Demain, l’azote et l’énergie seront de plus en plus coûteux, on a intérêt à limiter les pertes », ajoute André Le Gall, chef du département technique d’élevage et qualité à l’Institut de l’Élevage.
Dairyman propose des solutions pour réduire l’impact environnemental des élevages, qui permettent également d’avoir de meilleures performances économiques : la recherche de l’autonomie alimentaire et protéique, une valorisation optimale des déjections et une réduction du recours aux engrais minéraux, ou encore une meilleure gestion du troupeau avec, par exemple, une réduction de l’âge des vêlages.
Si l’élevage est émetteur de carbone, il permet également de le séquestrer dans les sols. L’augmentation de la part des prairies, l’implantation de haies ou l’allongement de la durée des prairies temporaires sont autant d’autres solutions suggérées par Dairyman.

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