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INSTITUTIONS/NOMINATIONS Des lobbyistes seraient pressentis pour le conseil d'administration de l'Efsa

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L'indépendance de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) serait-elle une nouvelle fois mise en cause ? Selon des informations recueillies par l'ONG Corporate Europe Observatory (Observatoire de l'Europe industrielle), qui mène des campagnes contre les excès de l'influence de l'industrie sur les institutions européennes, le comité des représentants des Etats membres auprès de l'UE (Coreper) aurait retenu au moins deux lobbyistes de l'industrie alimentaire pour siéger au sein du conseil d'administration de l'Efsa. Ce dernier, dont sept sièges sont à renouveler, est l'organe directeur de l'Autorité alimentaire qui a notamment la charge d'assurer son indépendance.

SI l'on en croit les informations du Corporate Europe Observatory (CEO), qui s'appuie, dit-il, sur plusieurs sources européennes, le Coreper aurait pré-sélec-tionné deux personnalités issues de l'industrie alimentaire pour rejoindre le conseil d'administration de l'Efsa. Il s'agit de Jan Mousing, qui est actuellement directeur du Conseil danois de l'agriculture et de l'alimentation, un groupe de pression représentant les intérêts de l'industrie danoise et qui est par ailleurs membre du Copa-Cogeca, le lobby du monde agricole auprès de l'UE. Piet Vanthemsche, un membre du puissant lobby agricole belge, le Boerenbond (lui-même membre du Copa), aurait également été pré-sélectionné pour faire partie du conseil d'administration, toujours selon le CEO. Outre ces deux noms, le CEO évoque d'autres noms dont il ignore le sort réservé à leur candidature. Il s'agit notamment de Beate Kettlitz, actuelle directrice de la sécurité alimentaire au sein de FoodDrinkEurope, le lobby de l'industrie alimentaire européenne, et de Milan Kovac, qui travaille au ministère slovaque de l'agriculture, mais qui aurait été jusqu'en 2011 membre du conseil de ILSI Europe, un institut de recherche de l'industrie soutenue par toutes les grandes multinationales de l'agroalimentaire. Ce n'est pas la première fois que le CEO, ainsi que les députés européens, mettent en cause la politique de l'indépendance de l'Efsa à l'égard des représentants de l'industrie alimentaire européenne. Diana Banati, présidente controversée du conseil d'administration de l'Efsa depuis 2008, avait été contrainte à démissionner en 2012 pour avoir omis de signaler dans sa déclaration d'intérêt, qu'elle avait des liens avec l'ILSI (International Life Science Institute), une organisation considérée comme pro-OGM, quand on sait que l'Efsa est justement chargée d'évaluer les risques liées aux OGM...

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Depuis sa création en 2002, l'Autorité alimentaire européenne est dirigée par un conseil d'administration indépendant dont les membres sont nommés pour agir dans l'intérêt public et non pour représenter un gouvernement, une organisation ou un secteur. Le conseil d'administration compte 15 membres qui sont désignés par le Conseil des ministres de l'UE, en consultation avec le Parlement européen, sur la base d'une liste de candidats présélectionnés dressée par la Commission européenne à la suite d'un appel à manifestations d'intérêt ouvert. Ces 15 membres possèdent un large éventail de compétences liées à la chaîne alimentaire mais ne devraient en aucun cas représenter un quelconque gouvernement, organisation ou secteur. Au sein du conseil, quatre membres possèdent une expérience acquise au sein d'organisations représentant les consommateurs et d'autres groupes d'intérêt dans la chaîne alimentaire. La Commission européenne est également représentée dans le conseil d'administration de l'Efsa. Le conseil d'administration ne doit exercer aucune influence sur les avis scientifiques de l'Efsa. Ce rôle relève de la seule responsabilité des groupes scientifiques et du comité scientifique de l'Efsa. Afin de protéger l'indépendance de ses travaux scientifiques, l'Efsa a renforcé sa politique en matière de déclarations d'intérêts de ses experts. Les membres du conseil d'administration ont par ailleurs adopté un « Code de conduite» dont l'objectif est d'assurer le respect de valeurs et de principes clés tels que l'intégrité, l'objectivité et le service de l'intérêt public.