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Vin Des marchés extérieurs à (re)conquérir, selon les Vignerons indépendants

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De nombreux marchés extérieurs sont à conquérir, en Chine, en Pologne, au Brésil, mais aussi en Belgique et en Afrique. D’autres sont à reconquérir, par exemple en Allemagne, ont signalé de multiples intervenants aux rencontres annuelles des Vignerons Indépendants, qui se sont déroulées les 11 et 12 avril à Épernay.

Les rencontres annuelles des Vignerons Indépendants, qui se sont déroulées les 11 et 12 avril à Épernay sur le thème de l’export, ont montré que de nombreux marchés extérieurs sont à conquérir. Hélène Hovasse, responsable du pôle agroalimentaire d’Ubifrance à Shanghaï en Chine, a prodigué des conseils aux vignerons pour qu’ils soient avertis des particularités du marché chinois : c’est par les restaurants que le vin se fait connaître ; avec les scandales alimentaires à répétition, l’administration chinoise impose des tests systématiquement, y compris à des produits qui ne le justifient pas ; dans nombre de villes côtières comme Shanghaï, Shenzhen ou Wenzhou, les Chinois se mettent à découvrir d’autres vins que les bordeaux et les rouges, par exemple des vins de Bourgogne ou de Loire, car dans ces villes on mange beaucoup de poisson. En Chine, la production locale de vin augmente, et représente 80% de la consommation, mais il s’agit surtout de vin industriel, a ajouté Sébastien Andrieux, chef du service « vins & spiritueux » à Ubifrance.

Des marchés accessibles

Le marché chinois est celui qui fait le plus rêver, par son potentiel, mais d’autres marchés sont plus accessibles aux particuliers que sont les vignerons indépendants. Igor Michalski, conseiller export à Ubifrance en Pologne, a indiqué que, dans ce pays de 39 millions d’habitants, où la bière et la vodka sont à l’honneur, la consommation de vin augmente peu à peu : 273 000 litres en 2010, 278 000 en 2012, 283 000 prévus pour 2013 et 308 000 prévus pour 2014. Les vins sont essentiellement moldaves, italiens, espagnols et américains, mais les vins français ont une carte à jouer, parce que « les Polonais apprennent à être gastronomes ».
Le marché russe est, quant à lui, imposant, mais plus difficile, a reconnu Serge Paillaugue, directeur général de Groupama Assurance-Crédit. Mais «  ce pays va se développer à grande vitesse », a-t-il affirmé.
Serge Paillaugue a par ailleurs conseillé aux congressistes de ne pas négliger le Brésil, marché francophile et qui peut aider à ouvrir des marchés voisins. « Le vin est prisé dans les classes moyennes, souvent par les femmes. Servir du vin est un signe d’éducation » dans ce pays où la consommation de spiritueux est importante, a précisé Sébastien Andrieux.
Des opportunités existent en Afrique, par exemple au Togo, a témoigné Maxime Blin, vigneron indépendant en Champagne, qui vend vers cette destination. D’autres opportunités existent aussi en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Nigéria, en Afrique du Sud.

Des marchés deviennent difficiles en Europe

Toutes ces perspectives de progression ont aussi comme revers des zones de décroissance. Ainsi l’Allemagne, marché où le vin français a perdu du terrain alors qu’il occupait la première place il y a dix ans, s’est inquiété Serge Paillaugue, qui estime qu’il faut vite y remédier. Le Royaume-Uni, qui « est devenu un marché difficile et de plus en plus ciblé sur le prix, alors que c’était un marché très porteur il y a dix ans », a fait remarquer Jim Budd, journaliste britannique. En Belgique, les Flamands s’intéressent de moins en moins à la culture française, et zappent avec les vins d’Afrique du Sud et du Chili, a rapporté Hervé Lalau, journaliste français vivant depuis 25 ans en Belgique.

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